• Michel Chlastacz

Les bons résultats 2021 de Stadler Rail boudés par la finance


28/03/2022 - Le 15 mars 2022, Peter Spuhler, PDG du constructeur ferroviaire helvétique Stadler, publiait les résultats de l’entreprise pour l’exercice 2022.


Ces derniers témoignent d’une très forte augmentation des recettes qui, avec 3,6 milliards de francs suisse (3,49 Mds€) auront progressé de 18%, « en dépit d’une situation tendue sur les chaînes d’approvisionnement », précise l’entreprise.


Le conflit russo-ukrainien affecte notamment le site de Fanipol près de Minsk en Biélorussie, en raison des sanctions contre la Russie et la Biélorussie.


« Stadler n’abandonnera pas ses employés », a affirmé Peter Spuhler, indiquant toutefois que le site participe à moins de 2% du carnet de commandes.


Les chiffres publiés révèlent un « résultat opérationnel » équivalent à 217 M€, soit une marge de 6,2%, au lieu de 5,1% lors du précédent exercice.


Une progression soutenue par une explosion de nouvelles commandes qui atteignent l’équivalent de 5,43 mds€ (+ 28%), ce qui porte le montant total du carnet de commandes à 17,4 Mds€ (+ 11%).


Et cela « malgré le retard dans l’attribution de certains projets d’envergure », est-il indiqué.

Côté commandes, celles passées par les CFF (Chemins de Fer Fédéraux helvétiques) à hauteur de 1,94 Md€, et celles remportées début octobre 2021 par leurs filiales régionales face à Siemens et Alstom ont de quoi occuper les sites du constructeur.


Elles portent sur 286 rames automotrices électriques de la gamme Flirt à livrer de 2025 à 2034, auxquelles s’ajoutent les méga-commandes de tram-trains par un consortium austro-allemand (voir Mobilités Magazine, 24 janvier 2022).

Paradoxalement, les marchés financiers font la fine bouche au vu de ces résultats. La banque UBS les qualifie de « mitigés », arguant du fait que le dividende à verser serait de 20% inférieur... aux attentes !


Pendant que les analystes mettent en avant les problèmes de chaînes d’approvisionnement, les prix des matières premières, les effets des taux de change et « l’inflation » des salaires.


Un ensemble qui aurait fait baisser la rentabilité nette de 2,8% à 130 M€ au lieu de 133,7 M€. Aussi, l’action Stadler a chuté de 4,5% à la Bourse de Zurich…