• Michel Chlastacz

Le VDV veut une « vraie » électrification accélérée du réseau ferré allemand


électrification du réseau ferré allemand

22/03/2022 - Le 11 mars 2022, le VDV, l’association professionnelle des exploitants ferroviaires et de transports publics allemands, a publié un communiqué dans lequel, face aux urgences à la fois énergétiques et climatiques, elle demande une électrification accélérée du réseau ferré.


Elle a rappelé - en substance - par la voix de son président Ingo Wortmann, que « parler d’électrification en matière d’efficacité et de coûts c’est, d’abord et surtout, parler de caténaire ».


Une façon forte de relativiser, dans ce domaine, l’impact réel des systèmes alternatifs d’utilisation de l’électricité dans la traction ferroviaire, qu’il s’agisse des batteries ou de l’hydrogène. Des technologies souvent présentées comme quasi-miraculeuses dont le VDV tient ici à rappeler les coûts.

D’abord, ceux des matériels, alourdis techniquement par leurs équipements spécifiques et qui consomment plus d’énergie.


Ensuite, les coûts d’infrastructures liés à la création des stations d’alimentation. Enfin les coûts d’exploitation issus à la fois des pertes énergétiques lors des rechargements, et des temps d’immobilisation des rames occasionnés par ces mêmes rechargements.


Aussi, le VDV estime que l’utilisation des technologies électriques « embarquées » nécessite des études affinées, en fonction des lignes ciblées, de leur situation géographique, de leur organisation au point de vue de l’exploitation et de leurs potentiels de trafic...



Faire des choix pertinents


Aujourd’hui, environ 60% du réseau ferroviaire allemand est sous caténaires, une proportion comparable à celles des voisins français et polonais de l’Allemagne mais inférieure à celle de l’Italie ou des pays du Benelux.


Pour le VDV, l’idéal serait d’atteindre environ 75% du kilométrage. Un bond non négligeable qui impliquerait d’accélérer les procédures d’études puis celles de la mise en œuvre des électrifications.


Il suffirait d’appliquer ici les procédures déjà actées pour la modernisation du réseau, dans les domaines de la signalisation (digitalisation et ERTMS) comme dans celui de l’environnement, avec notamment la protection phonique des abords des voies ferrées.


D’ailleurs, ces procédures et dispositions incluent déjà des électrifications de lignes de moins de 15 km. Par exemple celles d’antennes dont l’équipement électrique permettrait de se passer de la traction thermique et le plus souvent de parcours diesel sous caténaires effectués en amont.


VDV défend également une démarche qualifiée de « modulaire » qui s’accompagnerait de l’allègement de certains critères - aussi complexes que coûteux - qui obligent à équiper électriquement de façon quasi-similaire des grandes lignes pouvant être parcourues à 200 km/h et des lignes régionales « taillées » pour des vitesses de 80/ à 120 km/h...