• Jean-François Bélanger

Le Syndicat Ferroviaire du Livradois-Forez (SFLF) réduit la voilure

15/12/2021 - Le SFLF a décidé de suspendre l’exploitation de la ligne de fret entre Giroux et Courpière, dans le Puy-de-Dôme, pour des raisons de sécurité. Les services touristiques seront aussi réduits pour la prochaine saison estivale.

Devant le siège du SFLF à Saint-Gervais-sous-Meymont (63) : Jean-Benoît Girodet, président, entouré à gauche d’Arnaud Provenchère, maire d’Olliergues, et de Guillaume Sournac, directeur du SFLF.

Propriétaire d’un réseau de voies ferrées de 150 kilomètres, le SFLF, vient de l’annoncer, faute d’avoir reçu des assurances financières auprès de ses interlocuteurs, l’Etat et la Région Auvergne- Rhône-Alpes : « après une inspection menée, en particulier avec le Syndicat des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés (SRMTG), nous avons décidé à titre conservatoire de suspendre l’exploitation de la ligne entre Giroux et Courpière à partir du 1er janvier et de ne pas renouveler la convention avec l’exploitant Combrail, ceci pour des raisons de sécurité », annonce son président, Jean-Benoît Girodet.


C’est un pavé dans la mare alors que, dans le cadre du plan de relance, les pouvoirs publics investissent massivement pour favoriser un rééquilibrage des modes de transports depuis le routier vers le ferroviaire ou le fluvial. C’est donc exactement le contraire qui va se passer ici.


Des services touristiques limités l’été prochain


Pour les mêmes raisons, le SFLF annonce limiter les services touristiques assurés par deux associations, entre Estivareilles et La Chaise-Dieu.


« Seul le trajet Estivareilles-Craponne sera assuré, nous n’autoriserons pas celui entre Craponne et la Chaise-Dieu » précise le président du SFLF, qui insiste sur les retombées économiques apportées aux territoires par les 20 000 clients par saison.


2 000 camions remis sur la route


Jusque là, cette voie ferrée assure un service quotidien depuis la papeterie Giroux vers l’usine de cartonnerie Celta, à Courpière.


Un trafic en essor depuis une dizaine d’années, qui représente 38 000 tonnes de fret par an qui seront acheminés par la route à partir du 1er janvier, ce qui représente 2 000 camions.


Une étude Tenmod, financée par l’Ademe et Railcoop, avait même évalué le potentiel de cette ligne à 103 000 tonnes. Mais encore aurait-il fallu engager des travaux pour une remise à niveau de l’infrastructure : ballast et traverses.


« Au total 6,5 M€ à échéance de trois au quatre ans, dont 0,4 M€ immédiatement », précise Guillaume Sournac, directeur du SFLF.


Ces décisions, justifiées par des raisons de sécurité, sont provoquées par l’absence de réponse concernant la demande effectuée notamment dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région 2021/2027. Comme pour d’autres sollicitations, les échéances électorales à venir ne plaident pas en faveur d’une réponse rapide.


Vers une mutation du statut du SFLF


Une situation qui pousse Jean-Benoît Girodet à envisager une évolution du statut du SFLF. « Nous avons réussi à sauver l’infrastructure. Mais pour l’entretenir, la rendre performante et la développer, nous devons trouver des ressources supplémentaires. Cela passe par l’arrivée de nouveaux partenaires », estime le président du SFLF.

Une évolution qui permettra d’envisager la croissance du mode ferré dans cette région, au-delà du tourisme. « Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’envisager des systèmes de navettes autonomes de petite capacité pour des passagers », illustre Jean-Benoît Girodet.