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  • Pierre Cossard

Le fameux « mur de la dette » avance moins vite…


20/04/2021 - Dès le début de l'année, la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV), et nombre d’autres organisations patronales du secteur des transports routiers de voyageurs, alertent Bercy et l'ensemble du gouvernement sur le « mur de la dette ».


Une échéance à laquelle les entreprises allaient être confrontées à partir du mois de mars, à la reprise de remboursements des échéances bancaires sur les véhicules, suite au terme du moratoire bancaire de 12 mois obtenu dans le cadre du plan tourisme pour les « secteurs protégés ».


Cette semaine, le ministre de l'Economie Bruno Lemaire semble avoir entendu la difficulté de certains secteurs économiques.


En effet, il a annoncé qu'il proposerait d'ici quelques semaines un dispositif de concertation et de conciliation pour étaler ou annuler partiellement des dettes d'entreprises au cas par cas afin de proposer à toutes les entreprises qui sont en train d'arriver face à ce mur de la dette, une solution sur mesure.


Le ministre a reconnu que certaines entreprises étaient en effet face à un mur de dette, non pas à cause du prêt garanti par l'Etat (PGE), mais à cause des autres prêts qu'elles n'arrivent plus à rembourser à cause de leur manque d'activité. La concertation prévue devrait permettre de réunir l'Etat, le commissaire aux comptes, les représentants du tribunal de commerce et les banquiers pour étudier la situation de l'entreprise et évaluer la nécessité d'étaler sa dette, voire d'annuler sa dette en partie.

Le fruit d’une pression constante

Lors d'un rendez-vous mi-mars avec le directeur de cabinet d'Alain Griset, ministre délégué chargé des PME, la FNTV et les autres organisations patronales avaient appelé, en plus de la prolongation des aides (activité partielle, fonds de solidarité, exonérations de charges), à un nouveau moratoire bancaire de 6 mois supplémentaires.


Elles réclamaient aussi la suppression du seuil d'un million de CA mensuel pour bénéficier de la prise en charge de 70 à 90% des coûts fixes, ainsi que l'éligibilité du TRV à la transformation des PGE en subventions comme l'avait annoncé Bruno Le Maire pour certaines PME sous-traitantes de l'aéronautique. Le 21 mars 2021, la FNTV a demandé aux chefs d'entreprises et unions régionales de la FNTV de mobiliser leurs parlementaires pour qu'ils relaient la lettre-type rédigée par la FNTV à Bruno Le Maire afin que le Ministre prenne conscience de la situation des entreprises de notre secteur.


Depuis un mois, Bruno Le Maire reçoit donc chaque semaine plusieurs dizaines de courriers parlementaires l'alertant sur la situation intenable des entreprises de TRV, dont l'activité n'a pas repris alors qu'elles sont contraintes de rembourser à nouveaux leurs véhicules. Grâce ces courriers parlementaires qui sont en train de lui parvenir, le ministre ne peut donc plus ignorer que le TRV a besoin de cette solution.