• Jean-François Bélanger

La tourmente continue pour les aéroports français

15/03/2022 - Présentées le 10 mars 2022 par l’Union des Aéroports de France (UAF), les évolutions du trafic de passagers pour l’année 2021 ne sont pas bonnes, et les perspectives 2022 restent incertaines.


Thomas Juin, président de l’UAF.

Une nouvelle fois, l’année 2021 restera parmi les plus sombres du trafic aérien de ces dernières années. Au niveau national, avec 90,7 millions de passagers, alors qu’il a tout de même progressé de 29,5% par rapport à 2020, il reste en baisse de 57,7% par rapport à 2019.


Dans cette évolution globale, on doit noter plusieurs disparités. Tout d’abord, du fait de leur plus forte exposition au trafic international, les aéroports parisiens de Roissy et d’Orly sont les plus affectés.


Ce qui fait que pour la première fois, leur part de marché dans le trafic des aéroports français passe en dessous de la barre des 50% (49,9%).


Avec un trafic de 4 661 000 passagers, Marseille-Provence s’empare de la quatrième place des aéroports français, derrière Roissy, Orly et Nice. Cette place était jusqu’alors occupée par Lyon-Saint Exupéry (4 526 000 passagers), dont le rebond en 2021 par rapport à 2020 (+ 27%) a été inférieur à celui de Marseille Provence (+38%).


L’aéroport lyonnais ne représente désormais plus que 10,8% du trafic national de passagers. Enfin, le trafic low-cost fait preuve d’une meilleure résistance, et représente désormais 39% du trafic global en France, contre 35% en 2019.



Perspectives 2022 : entre 68 et 70% du trafic de 2019


Juste avant les conséquences et les contraintes importantes provoquées par la guerre en Ukraine, Airports Council International (ACI) tablait sur un trafic européen 2022 inférieur de 32% par rapport à son niveau de 2019. De son côté, l’International Air Transport Association (IATA) pronostiquait elle un niveau inférieur de 30%.


Des perspectives qui sont aujourd’hui remises en cause, compte tenu des tensions internationales. Par ailleurs, le carburant entre pour 25% dans le coût d’exploitation du transport aérien et son prix vient d’être multiplié par deux, tandis que les trafics à destination de l’Orient durent plusieurs heures de plus…


Face à ces nouvelles contraintes, ces perspectives ne semblent pas pour l’heure devoir s’améliorer, bien au contraire, d’autant que comme le reconnaît Thomas Juin, président de l’UAF, « les entreprises continuent à restreindre les déplacements ».


A ceci s’ajoute la question du prochain renforcement des formalités pour les frontières extérieures. Thomas Juin rappelle que ce sont les aéroports français qui en financent le coût par le biais des taxes de sûreté-sécurité. Un coût estimé à un milliard d’euros par an.


Il demande donc au gouvernement d’en prendre en charge tout ou partie. « Il en va de la connectivité et de la compétitivité économique de la France », estime-t-il.


Tout comme il demande l’abrogation de l’article de la loi Climat et Résilience qui interdit les vols domestiques lorsqu’il existe une alternative ferroviaire de moins de 2h 30.


Une règlementation qui concerne autour d’un million de passagers par an…