• Michel Chlastacz

La Russie et la Biélorussie suspendues des instances de l’UIC


31/03/2022 - Le 8 mars 2021, l’Union Internationale des Chemins de fer (UIC) a suspendu les Chemins de fer Belarus (BC) et les Chemins de fer russes (RZD) de ses instances « jusqu’au retour de la paix en Ukraine », et elle a exprimé « son soutien le plus ferme aux Chemins de fer ukrainiens (UZ) ».


L’Union a également mis en place un groupe de travail destiné « à faciliter la prise en charge des réfugiés par les compagnies ferroviaires européennes », destiné notamment à coordonner les initiatives prises dès le début du conflit par les Chemins de fer polonais (PKP), slovaques (ZSR), tchèques (CD), hongrois (MAV), roumains (CFR) et moldaves (CFM).


Il s’agit ici d’organiser des trains humanitaires d’évacuation, des trains spéciaux et le renforcement de l’offre transfrontalière, auxquelles s’ajoute l’annonce de la gratuité des transports ferroviaires pour les Ukrainiens quittant leur pays.


Au-delà de la conjoncture politique, cette « suspension » (un premier communiqué en anglais annonçait une « exclusion ») qui vise la participation des chemins de fer russe et biélorusse aux instances, commissions et groupes de travail de l’UIC ne change rien au point de vue fonctionnel.


Même, si en guise de mesures de rétorsion (?), les deux entreprises visées pourraient ralentir l’acheminement des trains de fret internationaux Asie-Europe qui transitent par leurs réseaux.


Au-delà de la technique ferroviaire « pure » et du travail normatif de l’Union, cette situation met en lumière les rapports historiques complexes de l’UIC avec la Russie.


Les chemins de fer soviétiques n’ont ainsi pas adhéré à l’UIC en 1922. Puisque les nouveaux États d’Europe centrale et balkanique sont, avec la France, à l’initiative de la création de l’Union.


On peut dire que la naissance de l’UIC est fortement liée au redécoupage des frontières ferroviaires de l’Europe après la Première guerre mondiale.


Après l’adhésion tardive des RZD à l’Union (les ex-Chemins de fer soviétiques - SZD - en avaient été très brièvement membres de 1945 à 1947), cette « suspension » risque de faire remonter en surface de nombreux ressentiments historiques aux origines plus ou moins explicites et instrumentalisées qui nourrissent le conflit...