• Michel Chlastacz

La « guerre ferroviaire » est déclarée entre la Biélorussie et la Lituanie


11/02/2022 - La première conséquence des sanctions européennes contre le régime biélorusse est d’ores et déjà ferroviaire. Le 2 février 2022, le gouvernement biélorusse a interdit le transit des marchandises du pays via le réseau lituanien, ce qui représenterait une somme flux de 1,5 à 1,6 millions de tonnes annuelles.


Deux semaines auparavant, dans le cadre des sanctions européennes, le Gouvernement lituanien avait bloqué le transit à l’exportation des trains de potasse biélorusse via le port lituanien de Klaïpeda (Memel), soit l’équivalent de 1,2 millions de tonnes annuelles dont 15 à 20% sont expédiées par voie maritime en Norvège.


Une « guerre ferroviaire » qui ne fait finalement que des perdants. Le régime biélorusse, d’abord, qui, dans un pays géographiquement enclavé et sans accès maritimes, se retrouve plus que jamais dépendant de la Russie et de ses ports pour pouvoir expédier ses marchandises.


Le réseau ferré lituanien, ensuite. Comme dans le cas des réseaux des deux autres pays baltes on ne peut ici que constater une dépendance à la fois technique et commerciale avec les chemins de fer russes.


Dépendance technique en raison de la voie de 1,524 m « à la russe » qui isole ces pays du reste de l’Europe ferroviaire.


Et aussi dépendance commerciale, dans la mesure ou plus des trois quarts des volumes de trafic des LG (Chemins de fer lituaniens) sont issus de l’hinterland ex-soviétique.


Une situation que l’on retrouve chez les voisins, et particulièrement en Lettonie. Alors que les trafics ferroviaires liés à l’Union européenne sont quasiment nuls, en raison des nécessités de transbordement aux frontières techniques*.


Une situation qui devrait justifier l’urgence absolue à accélérer le projet Rail Baltica. À condition aussi qu’il ne se limite pas aux trafics voyageurs et à la grande vitesse. Alors que, côté fret, la thrombose des trains... de camions affecte tous les accès routiers aux Pays baltes...

 

* Seule une petite antenne à voie normale (Trakiszki-Sestokai, 27 km) venue de Pologne pénètre en Lituanie. Dans l’attente de « Rail Baltica » un troisième rail devant être installé sur la ligne à voie large jusqu’à Vilnius.