• Michel Chlastacz

La gare de Kramatorsk, cible d’un missile russe meurtrier


12/04/2022 - Le 8 avril 2022, un missile russe est tombé sur le parvis urbain de la gare ukrainienne de Kramatorsk située à l’orée sud du Bassin du Donbass*.


Une « frappe » qui a occasionné un terrible bilan avec plus d’une cinquantaine de morts et une centaine de blessés.


Un massacre également lié au fait que la gare se trouvait alors littéralement submergée par des milliers de réfugiés qui, pour fuir l’offensive russe dans la partie du Donbass non contrôlée par les séparatistes pro-russes, attendaient des trains d’évacuation vers l’Ouest du pays.


La veille, le 7 avril, d’autres missiles russes avaient endommagé les installations des gares de Barvinkovo et de Pokrovsk, tandis que celle de Sloviansk était attaquée par des unités de l’armée russe.


Toutes ces gares sont situées non loin de Kramatorsk. Ces attaques avaient interrompu totalement le trafic ferroviaire jusqu‘à 21 heures. Ce qui explique le nombre des réfugiés présents le lendemain en attente d’un train en gare de Kramatorsk.


L’axe ferroviaire Koursk/ Kharkiv-Kramatorsk-Donets-Marioupol est le principal corridor ferroviaire qui relie le bassin minier et sidérurgique du Donbass et la Mer d’Azov.


C’est donc un axe ferroviaire vital qui est particulièrement visé par l’armée russe, et ce pour des raisons à la fois fonctionnelles, territoriales et géopolitiques.


Les territoires desservis par la ligne assurent la continuité territoriale entre la partie orientale du Donbass tenue depuis sept ans par les séparatistes russes (75% du territoire régional) et la Crimée, annexée par la Russie en 2014.


En outre (selon Le Monde du 9 avril 2022), la ville est le « siège de l’État-Major du Donbass contrôlé par l’Ukraine [aussi], les spécialistes s’attendaient donc depuis quelques jours à ce que la ville soit un lieu-clé d’affrontements ».


Et cela en dépit de l’afflux interrompu depuis plusieurs jours des nombreux réfugiés qui fuyaient les combats à venir...


 

* Avec ses 3275 km de voies ferrées, le bassin du Donbass regroupe 13% du réseau ferré ukrainien (UZ) sur moins de 5% de la superficie du pays. Il totalise 47% du trafic fret en raison des considérables flux de l’industrie lourde et des mines.