• Pierre Cossard

La FNAUT fustige le Contrat de Performance de SNCF Réseau


16/06/2022 - SNCF Réseau a rendu publique le 9 juin 2022 la signature le 6 avril dernier du contrat de performance de SNCF Réseau, intervenue confidentiellement et « honteusement », pour la FNAUT, qui a vivement réagi. Pour la Fédération Nationale des Usagers des Transports, ce contrat est une occasion manquée pour SNCF Réseau et un échec donné à « l’élan nécessaire pour infléchir la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre, accélérer le report modal vers le ferroviaire et engager une programmation écologique crédible ».


Cette signature confidentielle, qui s’ajoute à l’absence de nomination d’un ministre des Transports (mal passée auprès de l’ensemble des instances représentatives de ce secteur, NDLR), traduit, toujours selon la FNAUT, « l’absence de volonté politique, au contraire de nos voisins européens qui tous investissent massivement dans leur réseau ferroviaire (90 Mds€ en Allemagne, 20 en Italie…) ».


Et l’organisme de pointer du doigt un certain nombre d’incohérences, comme par exemple les nouveaux projets d’autoroutes du Chablais et de Poitiers-Limoges, qui viendraient « détruire » les efforts de SNCF Réseau pour moderniser la desserte de Genève et de Paris-Limoges-Toulouse. Ce contrat a unanimement été critiqué, par l’Autorité de Régulation des Transports (ART), qui le qualifie de « contrat d’assainissement », par les régions ou le Sénat, qui n’y voient pas un document stratégique pour l’avenir du ferroviaire, par la FNAUT enfin, qui en a souligné l’insuffisance financière d’au moins 1 Md€ par an.


« Ce contrat entérine le vieillissement de certaines lignes, confirme le retard dans le programme de régénération et d’investissement, confirme le renchérissement du coût des sillons, détériorant un peu plus le modèle économique en concurrence avec les « routes gratuites », et accroît le coût pour l’usager », explique l’organisme. Enfin, la FNAUT, décidemment fort contrariée par ce contrat, estime qu’en ne finançant pas l’ERTMS et la commande centralisée des aiguillages, il ne donne pas à l’entreprise les moyens de réaliser les gains de productivité inscrits dans le contrat et « désespère les cadres dirigeants et experts, qui quittent l’entreprise ». La FNAUT invite donc la Première ministre Elisabeth Borne à obtenir la nomination auprès d’elle d’un ministre des Transports et à lui confier une feuille de route ambitieuse et financée pour les 5 ans à venir.


Une stratégie « qui effacerait ce premier échec, et qui orienterait les politiques de mobilité vers la décarbonisation accélérée pour respecter les objectifs que la France et l’Europe se sont fixés. L’occasion ne se représentera pas de cet effort dû aux générations futures ».