• Jean-François Bélanger

La Fnaut déçue par les propositions des candidats à la présidentielle


Bruno Gazeau, président de la Fnaut.

18/03/2022 - Forte de sa représentativité de plus de 170 associations réparties sur le territoire, la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports (Fnaut), aurait apprécié des réponses plus volontaristes en faveur de la transition énergétique. La situation actuelle a vraisemblablement orienté la priorité des candidats ailleurs.


En février dernier, la Fnaut avait adressé un questionnaire en cinq questions à chacun des candidats à l’élection présidentielle, portant principalement sur la place du ferroviaire dans les mobilités et l’évolution de sa part de marché. « Des questions simples et concrètes de façon à éviter les réponses idéologiques ou philosophiques », précise son président Bruno Gazeau.


Le 14 mars, un point de synthèse a été fait. Les équipes d’Emmanuel Macron, de Valérie Pécresse, de Yannick Jadot, de Jean-Luc Mélenchon, d’Anne Hidalgo et d’Eric Zemmour ont répondu. En revanche, aucune nouvelle de Marine Le Pen.


« Nous nous conterons de sa communication publique affichée en faveur de la voiture individuelle », analyse Bruno Gazeau. Une non réponse qui colle à celle d’Eric Zemmour « qui ne parle que de la voiture », selon Bruno Gazeau.


Les candidats qui défendent une politique ferroviaire ambitieuse sont unanimes pour augmenter d’un milliard d’euros par an l’enveloppe du Contrat de Performance.


Les contradictions des partis de gauche


Mais, pour le reste, hormis La République en Marche, aucun ne mentionne ou ne privilégie d’autres investissements (renouvellement du parc Intercités, Lyon-Turin, fret, 1e et 2e phases des LGV…).


Parmi les réponses, la Fnaut relève aussi certaines contradictions, en particulier pour les candidats les plus à gauche. Europe Ecologie Les Verts (EELV) et La France Insoumise (LFI) « veulent limiter le nombre de camions, promettent de développer le fret, traiter le nœud ferroviaire lyonnais, qui fait partie de ses voies d’accès, mais sont contre le Lyon-Turin, financé à hauteur de 50 à 60% par l’Union Européenne », pointe Bruno Gazeau.


En définitive, « nous n’avons pas ressenti une véritable volonté de relever le défi climatique et énergétique pour faire face à nos engagements européens », conclut Bruno Gazeau.


Les candidats qui seront au second tour auront une séance de rattrapage, puisque la Fnaut a d’ores et déjà décidé de leur proposer une autre séance de questions.