• Michel Chlastacz

L’industrie face aux sanctions contre la Russie


train russe

11/03/2022 - Sans atteindre le degré d’intégration des secteurs automobile, aéronautique, nucléaire et surtout spatial, l’industrie ferroviaire européenne se trouve aussi engagée dans la coopération avec divers partenaires en Russie.


A titre d’exemple, chez General Electric à Belfort, la filière électro nucléaire est très liée aux importantes commandes de turbines du Russe Rosatom, et côté gaz, a aussi des contrats avec les électriciens russes.


Tandis que du côté de l’industrie spatiale les lanceurs russes jouent un rôle majeur dans les programmes européens, notamment dans la mise en œuvre du satellite Galileo...


Ces partenariats concernent le partage de certains processus de production et des approvisionnements comme, plus globalement, des échanges avec les entreprises russes.


Ces derniers sont structurés par les grands groupes du secteur avec la création de sociétés communes type joint venture ou via des participations directes dans des entreprises russes.


Le cas spécifique du ferroviaire


C’est notamment le cas de Siemens et d’Alstom, alors que Bombardier avait également lancé une production de TRAXX russes en 2015 via une co-entreprise avec le groupe Zavod Metallokonstrukcii.


Ural Locomotives, créée en 2001, associe le Russe Sinara (51%) et l’Allemand Siemens (49%). Elle a construit les 14 rames à grande vitesse Sapsan (Faucon), version russe des Velaro, ainsi que 300 rames automotrices régionales Latoshka (Hirondelles).


Dérivées de la gamme Desiro du constructeur allemand, elles sont apparues sur le réseau banlieue de Sotchi à l’occasion des J.O. d’Hiver 2009.


Transmashholding est la principale entreprise ferroviaire russe dans laquelle Alstom détient 20% du capital (480 M€). Situation qui explique la faiblesse des ventes directes d’Alstom en Russie (0,5% du chiffre d’affaires), puisque les commandes de matériels sont passées à TMH, même si elles impliquent des composants et du savoir-faire Alstom.


Mais en raison de la participation dans TMH, cette part est plus importante dans les résultats du groupe. Pour l’exercice 2020-2021 TMH apportait 44 M€ (14,6%) sur un total de 300 millions. Cependant, pour 2021- 2022, on s’attendrait à un résultat négatif de 2 M€ issu de TMH !


Mais cette participation financière dans TMH doit jouer un certain rôle dans le récent « dévissage » boursier d’Alstom (- 6,8% le 7 mars 2022), d’autant que la concrétisation des sanctions européennes contre la Russie dans le domaine industriel tarde à se clarifier...


Les commandes en cours


A tout cela s’ajoute le sort des récentes commandes ukrainiennes d’Alstom. Le contrat pour la fourniture de 130 locomotives électriques fret pour un montant de 880 M€ récemment conclu (voir Mobilités Magazine, 18 février 2022), en grande partie financé par un prêt français, aurait en effet dû être signé fin mars 2022.


Ce contrat devait assurer des années de travail aux sites de Belfort (montage final) et d’Ornans (moteurs).