• Michel Chlastacz

L’enquête du prolongement de la ligne 1 est lancée dans la polémique


04/02/2022 - Le 31 janvier 2022, l’enquête publique sur le prolongement de la ligne 1 du métro parisien a été lancée pour se dérouler jusqu’au 2 mars 2022.


Ce prolongement de près de cinq kilomètres qui, en 2030, sera parcouru en six à sept minutes, mènerait la ligne jusqu’au pôle transports de Val-de-Fontenay où se rencontrent les lignes A et E du RER et qui devrait en 2025 accueillir le prolongement du tram T 1.

Le prolongement desservirait trois nouvelles stations. Avec Les Rigollots, à Fontenay-sous-Bois, Les Grands Pêchers, à Montreuil-sous-Bois, et la station terminus Val-de-Fontenay, installée au nord de la double station existante des RER.


Le trafic supplémentaire quotidien attendu serait de 95 000 voyageurs, pour un investissement qui totalise 1,385 Md€ côté infrastructures et 104 M€ côté matériels (dix rames).

Un projet qui pourtant, mobilise... contradictoirement. Avec, d’un côté, les défenseurs d’un environnement aux motifs essentiellement liés aux nuisances des chantiers, puisque le « saccage » dénoncé du Bois de Vincennes ne concerne qu’une zone de 1,4 hectare en surface et 0,8 hectare réel de bois (sur 995 hectares), les autres surfaces concernées étant des pelouses et la voirie.


De l’autre, des élus et des associations d’usagers issus d’un secteur de la banlieue Est ignoré par des transports lourds qui l’encadrent sans le desservir. Alors que les déplacements liés à la voiture sont ici contraints par des voies autoroutières (A3, A 86) et urbaines très encombrées.


Cette opposition, qui s’apparente à une caricature du fameux syndrome NYMBY*, ne doit pas faire oublier les impératifs techniques.


Ils sont essentiellement liés au fait que l’arrière - gare actuelle de Château de Vincennes, point de départ des travaux, n’est pas assez profonde afin de pouvoir réaliser en souterrain tous les travaux de raccordement avec le futur prolongement. Aussi, l’une des deux nouvelles voies doit être creusée à partir de la surface du côté du bois.


* « Not In My Back Yard ». On peut également ici évoquer les sociologues Bruno Latour et Nikolaj Schultz qui théorisent sur une sorte de « classe écologique ».