• Michel Chlastacz

L’Écotrain, une solution légère pour relancer la ligne Agen-Auch ?


15/10/2021 - Un curieux « corner », selon le terme familier aux grands magasins, flanquait le stand de l’Occitanie à Toulouse lors des Rencontres Nationales du Transport Public, celui du concepteur d’Écotrain (assorti de sa version fret/messagerie dite Microfret) qui met en avant un concept de train léger et autonome.

Une démarche portée par deux grandes écoles d’ingénieurs (IMT Albi et XX Toulouse) et par un groupement de six industriels* respectivement issus des domaines du ferroviaire classique, de l’utilisation de la fibre de lin, de la sécurité ferroviaire, de l’élaboration de systèmes de tests et de diverses applications GPS.


Initialement dénommé « NGV Rail », il a été en juin 2021 labellisé par « I-Trans », le pôle de compétitivité des Hauts de France spécialisé dans le domaine des transports et de la logistique.


On peut - très sommairement - décrire techniquement Écotrain comme un système de navettes autonomes roulant sur rails et dont les batteries alimentées par des panneaux solaires leur donneraient une autonomie de 350 km.


Ces véhicules dirigés par GPS peuvent rouler à 100 km/h sur des voies même en un état médiocre, car il s’agit de matériels ultralégers (12 tonnes et deux essieux) en raison de leur caisse moulée en fibre de lin, et du faible poids de leur pack de motorisation.


Elles offrent une capacité de 30 à 40 voyageurs avec un coût d’exploitation affiché comparable à celui d’un autocar.


Aussi, le système Écotrain vise à être compétitif économiquement avec l’autobus et l’autocar à partir d’un millier de voyageurs par jour pour des lignes d’une longueur de 50 kilomètres.


La cible essentielle du système consisterait aujourd’hui dans les nombreuses voies ferrées fermées au trafic voyageurs ou celles à faible trafic. Particulièrement celle dites « non interopérables », autrement dit sans interférences techniques et de sécurité (voies et systèmes de signalisation) ni de partage des circulations avec celles du Réseau ferré National (RFN).


Outre un ancrage universitaire et industriel éminemment régional, qui explique la présence d’Écotrain sur le stand d’Occitanie aux RNTP, cette présence est aussi liée à une première cible d’essai prévue sur la ligne (Agen) Bon-Encontre-Auch (64 km) pour une mise en service des navettes Ecotrain d’ici à l’horizon 2025.


Cette ligne, ouverte en 1869 par le Chemin de fer du Midi afin de créer un « itinéraire-bis » Paris-Tarbes via Agen, Auch et Vic-de-Bigorre, est fermée au trafic.


Elle devrait être rouverte au fret après une interruption depuis 2015 sur la base d’un syndicat mixte.


À l’horizon 2030, les opportunités de flux liés au croisement avec la future LGV Bordeaux-Toulouse et la création d’une gare TGV + navettes de type Écotrain vers Auch et vers Agen serait de nature à renforcer l’intérêt du projet...



* Socofer (Tours), Stratiform (Lille), Clearsy (Aix-en-Provence), Spherea (Toulouse), Syntony (Toulouse), Celad (Toulouse).