• Jean-François Bélanger

L’allotement du réseau lyonnais est en marche

08/03/2022 - C’est un virage historique que s’apprête à prendre le réseau lyonnais des transports en commun. Lors de la prochaine échéance de l’actuelle délégation de service public, l’Autorité Organisatrice des Mobilités des Territoires Lyonnais (ex-Sytral) pourrait faire appel à plusieurs sociétés délégataires.

Bruno Bernard, président de l’AOMTL.

Depuis 1993, le Sytral délègue l’exploitation de son réseau à un seul et même opérateur, Keolis, filiale de la SNCF. Cette situation est remise en cause, d’autant que le dernier appel d’offres n’a eu qu’une seule et unique candidature.


Bruno Bernard, à la fois président de l’AOMTL et de la Métropole, souhaite ajouter de la concurrence dans ce marché. Un choix qui aurait pu être différent. En s’appuyant par exemple sur la gestion de la distribution de l‘eau, reprise en régie, par la Métropole.


Mais en matière de transports en commun, Bruno Bernard n’a pas privilégié cette solution. A l’échéance de l’actuel contrat de délégation, qui interviendra mi 2024, compte tenu du prolongement de 18 mois intervenu début 2021, il envisage de découper le réseau actuel en plusieurs lots, d’en créer un pour les modes lourds (métro, tramway, funiculaire…) et un autre pour le réseau d’autobus.


Un modèle qui se rapproche de ce qui va se passer dans la Région PACA, où un lot du réseau TER a été attribué à Transdev.


Se posent les mêmes questions de la garantie pour le personnel des rémunérations et des avantages sociaux. A Marseille, on évoque un « sac à dos social ». A Lyon, Bruno Bernard parle d’un « socle social ».


Outre le respect des rémunérations, du déroulement de carrière, des acquis sociaux…, ce socle social prévoira également la contribution de l’entreprise au budget des œuvres sociales et culturelles.


Les syndicats ont déjà déclenché une journée de grève en février qui a été la plus suivie depuis longtemps. Ils en prévoient une autre en mars. A Paris, la situation engendre les mêmes tensions.


Bien que le Sytral souhaite que la concurrence ne se fasse pas sur le dos des salariés, cette décision stratégique, qui est attendue pour le conseil d’administration du 10 mars, reste surveillée par les syndicats.