• Jean-Philippe Pastre

Immatriculations en baisse


28/04/2022 - Les immatriculations d’autocars et autobus pour le marché France au premier trimestre en 2022 affichent une baisse de -2,77%.


Selon la CSIAM, publiant les données A.A.A, il s’est ainsi immatriculé 1404 véhicules de plus de 9 places avec une tendance plutôt bien orientée sur le marché des autocars (ligne, scolaires et tourisme confondus, avec +3,03%) et un attentisme assez net côté autobus (-11,84%).


Iveco Bus et Heuliez figurent, comme de coutume, en haut du tableau avec 699 et 97 immatriculations (soit 796 immatriculations pour Iveco Group). EvoBus France, avec 235 immatriculations, retrouve des couleurs (232 véhicules neufs), certainement grâce à l’arrivée du Mercedes-Benz Intouro de nouvelle génération.


Traton, avec MAN d’une part (120 unités) et Scania d’autre part (43 unités), affiche des résultats contrastés mais reste solidement établi à la troisième place.


En autobus urbains, on constate l’enracinement de BlueBus avec 53 immatriculations au cours du 1er trimestre. Temsa devance, de 3 unités, Irizar (33 contre 30 immatriculations). Karsan confirme sa présence sur le marché des autobus avec 19 unités, un nombre partagé par Otokar Europe, qui reste pour sa part cantonné au marché des autocars de ligne et scolaires.


Isuzu, importé par FCC, clôture le quatuor Turc juste derrière ses compatriotes avec 14 immatriculations. Alstom apparaît encore dans les statistiques, les livraisons ayant toujours cours avant l’arrêt de production de l’Aptis. On notera 1 livraison chez Safra de Businova.


La situation pour le marché des autocars de tourisme demeure problématique si l’on relève que Setra n’a immatriculé que 3 unités d’autocars, et que VDL Bus & Coach n’en a qu’un seul au cours du premier trimestre 2022.


Mais un semblant de début de timide frémissement pourrait se manifester si l’on en croit les 10 Van Hool, 4 Volvo Buses et 2 Beulas livrés. Volvo Buses peut se féliciter de son deuxième accord avec Sunsundegui autour du SB3 puisqu’avec 9 immatriculations le carrossier-constructeur de Navarre fait le plus gros score pour le compte de Volvo Buses France.



Des craintes pour l’avenir


Lors des échanges, l’inquiétude dominait pour l’avenir. Inquiétude davantage d’ordre industriel et financier que d’ordre commercial. Claude Cham, représentant la FIEV (fédération des équipementiers) évoque les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques, toujours prégnantes.


Si les délais de livraison demeurent dans une situation anormalement longue mais stationnaire, les préoccupations des industriels se portent sur la flambée des prix des matières premières et de l’énergie.


Henri Paccalin, Président de la Commission des Véhicules Industriels au sein de la CSIAM et Président de Mercedes-Benz Trucks France, évoque le prix des batteries de traction qui a crû de +40%, l’acheminement maritime (x7 depuis 2020), le kilowatt-heure d’électricité facturé aux professionnels (x5 sur la période) et l’acier (x2,5 à des niveaux historiquement haut depuis le début de la guerre en Urkraine).


Jean-Yves Kerbrat, Président de MAN Trucks & Bus France, confirme et prévient « des impacts sur les tarifs, il y en a, évidemment ».


Thierry Archambault, Président-délégué de la CSIAM et l’ensemble des représentants des constructeurs ajoute que les incertitudes juridiques autour des ZFE-m et des vignettes Crit’Air mettent une contrainte supplémentaire.


La CSIAM appelle donc de ses vœux une harmonisation des règlements et dérogations dans les ZFE-m et déclare solennellement « nous souhaitons que tous les biocarburants soient éligibles Crit’Air 1 ».