• Pierre Cossard

Grenoble « capitale verte européenne », récompense et absence


18/01/2022 - Il est légitime de se réjouir de la nomination officielle de Grenoble comme « capitale verte européenne 2022 », et qui succède le 15 janvier 2022 dans ce poste à la ville finlandaise de Lahti.


Mais cette nomination pose en même temps de nombreuses questions. Principalement en raison de l’absence d’indicateurs pourtant essentiels pour évaluer une politique environnementale.


Cette nomination est due, selon un communiqué de la représentation de l’Union européenne en France*, à la « mise en place de politiques urbaines visant à diminuer la pollution et la perte de biodiversité, telles que la limitation de la vitesse à 30 km/h dans toute la ville, ce qui en fait la plus grande zone française à faibles émissions [...] Le lancement de l'année de Grenoble coïncide avec la présidence française du Conseil, dont les priorités comprennent la mise en œuvre du Pacte vert européen et l’action en faveur de la pollution zéro, de la neutralité climatique, de la protection renforcée de la biodiversité et la réalisation d’une économie circulaire ».


Des critères auxquels la capitale du Dauphiné répondrait donc. Même si on peut estimer que ces actions vertueuses bénéficient essentiellement au centre-ville.


Cependant, la principale question concerne la politique transports de la ville qui est insuffisamment prise en compte, alors que les transports totalisent entre le quart et les tiers des émissions et qu’elles sont quasi-totalement issues de la circulation automobile.


Donc, dans ce domaine, le développement des transports publics joue un rôle essentiel et plus encore à Grenoble ville de vallée particulièrement sensible.


Or, après avoir été avec Nantes la ville-pionnière du retour du tramway en France, on constate que durant les dernières années, le réseau grenoblois stagne avec seulement... 500m supplémentaires créés sous le premier mandat d’Éric Piolle, pourtant le premier maire écologiste de France réélu en 2020 (voir Mobilités Magazine, n°40/ septembre 2020).


À l’échelle de la métropole, les projets mettent également du temps. Par-delà oppositions et successifs renvois de balles entre Région et SMMAG (Syndicat des Mobilités Métropolitaines de l’Aire Grenobloise), il semblerait toutefois que la mise en place progressive d’un RER grenoblois soit acquise.


Des études récemment publiées envisagent d’ailleurs un premier schéma de desserte pour 2025 sur l’axe nord-ouest-est Moirans-Voreppe-Grenoble-Domène.


D’ici 2030 et 2035, devrait voir la création de voies supplémentaires en gares, du quadruplement Grenoble-Voreppe (nord-ouest) et d’aménagements de la partie suburbaine de la « Ligne des Alpes » (Grenoble-Veynes-Marseille).


 

* On peut mettre en regard la volonté de l’Union européenne en matière environnementale avec le projet de classification par la Commission européenne du nucléaire et du gaz comme énergies respectivement « verte » et de « transition ». Au grand plaisir d’EDF et de Gazprom.