• Michel Chlastacz

Greenpeace et les alternatives ferroviaires à l’avion court-courrier


12/11/2021 - Fin octobre 2021, « l’Unité européenne » de l’association Greenpeace a publié une étude intitulée « Quelles alternatives ferroviaires aux vols court-courriers ? ».


Dans ce document, elle constate que, « contrairement au secteur aérien, qui a bénéficié d’investissements, d’aides et d’autres subventions financées par le contribuable, le secteur ferroviaire a été le parent pauvre des politiques publiques ». Alors « que laisser libre cours au transport aérien entraînerait un effondrement du climat », précise l’étude.


Aussi, « pour remettre l’Europe sur les rails », elle demande à l’Union européenne de « redynamiser le transport ferroviaire et cesser de soutenir l’aérien au détriment du rail. Plutôt que d’essayer de renouer avec les niveaux insoutenables du trafic aérien d’avant la crise sanitaire, nous devrions [...] adopter des solutions de transport plus respectueuses de l’environnement ».


L’étude constate que les vols à courte distance (moins de 1500 km selon le classement Eurocontrol) totalisent le quart des émissions du mode aérien en Europe, [...] « un impact disproportionné sur le climat par rapport aux trains ».


L’examen des « 150 liaisons aériennes les plus fréquentées au sein de l’U.E. [plus] 250 liaisons les plus empruntées dans l’U.E., le Royaume-Uni, en Norvège et en Suisse » révèle que les premières « concentrent la moitié de l’ensemble des passagers des vols de moins de 1500 km [et les secondes en totalisent] 86% ».


Parallèlement, « ont été identifiées les alternatives ferroviaires existantes et celles qui devraient être mises en place, qu’il s’agisse de trains de jour comme de trains de nuit ».


Il s’avère que le tiers des 150 premières liaisons « disposent d’alternatives ferroviaires de moins de six heures » (dont 27% en trains de nuit), ce taux étant de 29% pour les secondes. Un ensemble de liaisons qui concerne 81 millions de passagers.


Parmi ces vols court-courrier « figurent 14 des 30 liaisons aériennes intra-communautaires les plus fréquentées, dont les trois les plus empruntées (Paris-Toulouse, Paris-Nice et Athènes-Salonique) qui transportent plus d’un million de passagers par an, ainsi que les vols Madrid-Lisbonne, Francfort-Berlin et Munich-Berlin ».


Greenpeace demande « d’interdire les vols courts lorsqu’existe une alternative en train de moins de six heures, tout en veillant à ce que les créneaux aériens libérés ne soient pas utilisés pour des vols de plus longue distance ».


Il veut aussi « dynamiser ou relancer les lignes ferroviaires sous-utilisées pour le train de jour comme de nuit [...] d’augmenter les investissements en faveur de l’amélioration du service ferroviaire [...] en supprimant les goulots d’étranglement du trafic transfrontalier ».


Mais aussi « de rendre les voyages en train moins chers et plus pratiques que les voyages en avion [...] en mettant fin aux subventions du secteur aérien et aux exemptions de TVA et de taxe sur le kérosène ».