• Michel Chlastacz

Great British Railways marque la fin des franchises ferroviaires britanniques



27/05/2021 - Ce n’est pas encore le retour de « British Rail », l’entreprise ferroviaire nationale britannique liquidée en 1997 sous les coups de boutoir de la libéralisation du rail. Mais un quart de siècle plus tard, les conséquences de la pandémie à l’appui, le vent a tourné.


Le 20 mai 2021, le Gouvernement britannique a présenté le plan Williams-Sharp qui prévoit la création d’une instance publique unique dite Great British Railways (GBR) qui reprend - symboliquement ? - le logo à double flèche de l’ancien exploitant national*.


Great British Railways coordonnera l’offre, centralisera les réservations sur un site internet unique, simplifiera et modernisera la tarification.


Les actuels franchisés seront considérés désormais comme des « sous-traitants » de GBR avec de nouveaux contrats dits « de services passagers » focalisés sur la ponctualité et l’augmentation des trafics et qui remplaceront les actuels accords de franchises.


Cette réforme qui n’est pas une renationalisation, à la différence de la démarche régionale écossaise (voir Mobilités Magazine du 30 mars 2021), se rapproche plutôt du fonctionnement de l’Autorité organisatrice des transports londonienne, Transport for London, qui, comme Île-de-France Mobilités, organise la tarification, coordonne et contrôle les réseaux, exploités par des entreprises publiques ou privées.


Durant la crise sanitaire, les contrats de franchises ont été suspendus et le gouvernement britannique a injecté l’équivalent d’environ 14 Mds€ pour maintenir l’offre ferroviaire alors que le trafic a drastiquement diminué.


Aussi, l’incitation tarifaire sera désormais au cœur des nouveaux contrats. Sur la base d’une offre à la fois plus flexible et moins coûteuse, puisque le prix du transport ferroviaire en Grande-Bretagne est le plus élevé d’Europe.


Le syndicat de cheminots TSSA reste toutefois méfiant. Il estime que « le modèle basé sur les concessions verra toujours l’argent des voyageurs et des contribuables s’échapper de notre industrie sous forme de paiements de dividendes pour les actionnaires avides des opérateurs qui les détiennent ».


 

* Après la privatisation ce logo était resté toutefois celui des gares.