• Michel Chlastacz

Eurostar-Thalys, une fusion retardée qui reste d’actualité


11/10/2021 - Eurostar et Thalys vont fusionner dans une entité unique. L’effondrement des trafics* liés à la pandémie de Covid 19 (à laquelle s’ajoutent les incertitudes du Brexit pour Eurostar) n’aura eu pour effet que de retarder une opération déjà maintes fois commentée avant d’être clairement annoncée...


Cette fois, l’échéance se rapproche, même si le processus devrait prendre au moins deux ans. Avec d’abord, d’ici la mi-2022, la création d’une holding de regroupement détenue majoritairement par SNCF Voyageurs (55,75%).

Dans cette nouvelle holding « Patina Rail », le consortium qui, chez Eurostar réunit la Caisse de Dépôts du Québec et le fonds britannique Hermes, détiendra 27,5% et la SNCB (Chemins de fer belges, actionnaire historique de Thalys) retrouvera 18,5%.


Ensuite, les flottes des deux entités actuelles (51 rames à grande vitesse) qui circulent dans cinq pays d’Europe occidentale seraient regroupées sous la marque unique Eurostar, la SNCF ayant estimé que l’appellation jouit d’une plus grande notoriété que celle de Thalys.

Première étape, essentielle au point de vue commercial, la fusion des systèmes de réservation, qui sera suivie d’un ajustement et d’une coordination progressives des offres, les deux sociétés continuant à gérer leurs offres et leurs réseaux respectifs. En profitant au maximum des synergies possibles alors que, selon la SNCF, les enjeux de trafic à conquérir se situeraient désormais au Nord de l’Europe.


Aujourd’hui, alors que Thalys a retrouvé plus de 80% de son offre de 2019, Eurostar reste encore en retrait avec seulement cinq allers-retours journaliers Paris-Londres (au lieu de 19 auparavant) et trois allers-retours Bruxelles-Londres dont un seul est prolongé jusqu’à Amsterdam.


Prochaines étapes de la fusion, l’obtention du quitus de la Direction européenne de la Concurrence et la mise en œuvre d’un processus interne d’information-consultation des 2300 salariés des deux entités d’origine...


* Les trafics de « Thalys » et « Eurostar » auront respectivement chuté de 70 et 90% en 2020, obligeant les deux sociétés à recourir à des prêts (120 et 290 M€ respectivement) pour surmonter leurs pertes.