• Michel Chlastacz

Doubles départs à la hollandaise expérimentés en gare de Rennes


14/06/2022 - En septembre 2023, la SNCF devrait lancer une expérience destinée à accroître les capacités des départs et des arrivées en gare de Rennes sans avoir à créer ni de voies ni de quais supplémentaires ce qui impliquerait des travaux et des coûts considérables dans un espace urbain fortement contraint.


Cette démarche est liée à la saturation d’une gare qui traite quotidiennement plus de 400 circulations avec des réserves de capacités quasi- inexistantes aux heures de pointe du matin et du soir. Une situation qui limite notamment, et très fortement, le nécessaire développement de l’offre TER périurbaine.


La solution envisagée vise à pouvoir faire partir et arriver simultanément deux trains aux destinations et provenance différentes sur la même voie et sur le même quai.


Un système d’exploitation des voies en gare qui fonctionne depuis des décennies aux Pays-Bas et principalement à Amsterdam Centraal...


Un process qui implique une série de choix initiaux et d’adaptations ultérieures. D’une part, il faut que les deux trains qui stationnent sur la même voie et qui sont desservis par le même quai proviennent ou se dirigent sur des lignes dont les entrées et les sorties en gare ne compliquent pas les mouvements d’autres trains.


Par exemple en créant des cisaillements d’itinéraires dans les zones d’avant gare et qui impliqueraient des conflits de circulations entre des mouvements différents.


Il faut d’autre part que les installations de signalisation de la gare (à quai, sur les voies d’accès et dans le poste d’aiguillage central) soient modifiées en conséquence.


Enfin, que l’information à destination des voyageurs soit très exactement « calibrée » à cette nouvelle situation inédite.


Cette expérience, qui nécessite des investissements de l’ordre de 12 M€ qui seront partagés entre État, Région, Rennes Métropole et SNCF Réseau, permettrait ici d’offrir 56 nouveaux sillons, soit l’équivalent de près de 15% de capacités journalières supplémentaires.


Ce qui devrait permettre aussi bien d’étoffer l’offre périurbaine aux heures de pointes du matin et du soir avec une trentaine de trains supplémentaires, que de la cadencer plus efficacement durant les heures creuses sur les cinq branches qui composent l’« étoile ferroviaire » rennaise.


Reste également que d’autres solutions peuvent être mises en œuvre même en parallèle. Comme la « diamétralisation » de certains axes* et qui consisterait à créer des offres périurbaines de type « passe-Rennes » afin de limiter le temps d’occupation des voies en gare. Et, ici aussi, d’économiser de précieux sillons...


 

* On peut imaginer par exemple des services desservant le « Grand Rennes » de type Vitré-Rennes-La Brohinière (ligne Rennes-Saint-Brieuc), Vitré-Rennes Montreuil-sur-llle (ligne Rennes-Saint-Malo) ou Vitré-Rennes-Redon (ligne Rennes-Nantes). Toutes dessertes qui ne nécessiteraient pas de manœuvres de tête à queue arrivées/départs en gare de Rennes.