• Michel Chlastacz

Les défis de l’union Alstom-Bombardier



02/02/2021 - Les atouts de la fusion Alstom-Bombardier, annoncée officiellement le 29 janvier dernier, sont loin d’être négligeables pour l’avenir.


En effet, « malgré la pandémie les récentes annonces de lances économiques confirment clairement le développement [...] des transports ferroviaires comme une priorité de long terme », ce que confirment les prévisions de l’UNIFE* avec une croissance annuelle de l’industrie ferroviaire évaluée à 2,3% à l’horizon 2025.


Mais il y aura également une série de défis à relever.

Le premier est celui du coût de l’opération et de ses divers attendus. La transaction s’est établie à un « prix de référence » de 5,5 mds€ (avec) un produit d’acquisition qui ne s’élève qu’à 4,4 Mds€. La différence concerne « l’ajustement de trésorerie minimum » lié à la trésorerie négative de Bombarder au 31 décembre 2020.


L’augmentation de capital qui a permis le financement de l’acquisition aboutit de plus à une nouvelle répartition. Puisque la Caisse de Dépôts et Placements du Québec (CPDQ) devient l’actionnaire principal du nouveau groupe, avec 17,5% de son capital.


Une question d’outils

Le défi suivant est celui de la mise en cohérence des outils industriels. Après les cessions d’activités et de sites dont celui de Reichshoffen obligées par l’Union européenne (voir Mobilités Magazine n°37 de mai 2020), il va falloir réorganiser la base industrielle du nouveau groupe et procéder à une nouvelle répartition des spécialités et des rôles respectifs des sites de production et de recherche, principalement en Europe.


D’autant que « Bombardier apporte des centres d’expertises pour les bogies et les locomotives en Allemagne, pour les monorails et les people movers au Canada, pour les trains suburbains et régionaux en France et au Royaume-Uni, pour la traction en Suède ainsi que [...] sept co-entreprises bien établies en Chine ».


S’ajoutent d’importantes capacités en R&D qui font que le nouveau groupe rassemble environ 17 500 ingénieurs consolidant « un héritage de 10 000 brevets [et] incorporant des technologies de Bombardier Transport [...] en maintenance prédictive, en signalisation et en opérations digitales ».


Le dernier défi, et pas le moindre, est celui de la fusion des équipes de travail. Le communiqué résume les espérances et les objectifs du nouveau groupe dans ce domaine en estimant que « ces talents [des employés de Bombardier] enrichiront le profil opérationnel d’Alstom à tous les niveaux et formeront avec les employés d’Alstom, une équipe agile, inclusive et responsable »


* « World Rail Market Study. Forecast 2020 to 2025 », UNIFE-Roland Berger 2020.