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  • Pierre Cossard

Coup de sang du côté des autocars de tourisme


Autocars sur le périphérique

22/04/2021 - Bloqueront-ils le périphérique par un beau matin du mois de mai ? Les chefs d’entreprise de tourisme en autocar y songent, exclus une nouvelle fois d’un soutien aux entreprises dans la crise sanitaire. Cette fois, le problème porte sur le paiement des charges fixes.


« Les sociétés de remontées, mécaniques, les restaurants, les salles de sport, les parcs d’attraction y ont droit. Pas nous ! », s’insurge Catherine Chaumont, la présidente du Collectif des Autocaristes Indépendants (CAI), formé il y a un an pour faire entendre les petites sociétés ne vivant que du tourisme autour de Paris. Rejoint depuis par des « provinciaux », il compte aujourd’hui plusieurs centaines d’adhérents.


Différend sur les charges fixes


Après les avoir plusieurs fois oubliés (plan tourisme, fonds de solidarité, exonération des cotisations d’assurance), le gouvernement cale sur l’indemnisation de leurs charges fixes.


Il faut au moins d’1 M€ de chiffre d’affaires par mois. Un seuil que les sociétés de tourisme autour de Paris, n’atteignent pas. Mais cela resta la condition pour se faire rembourser de 70 à 90% des charges fixes.


Ce différend avec le gouvernement s’ajoute à d’autres. Le dernier à avoir échauffé les esprits, concerne l’évaluation de leur perte de chiffre d’affaires. Déjà que pour survivre, les autocaristes considèrent qu’il leur faut, être indemnisés au moins à 40% de leur chiffre d’affaires perdu, pas à 20% comme actuellement, voilà la base du calcul diminué.


Pour mars, un grand nombre d’entre eux voulaient déclarer pour référence le chiffre d’affaires de mars 2019. Mars qui correspond chaque année à une reprise d’activité après le creux de l’hiver. Impossible cette fois. Bercy gèle le chiffre d’affaires de référence. C’est ce qui a été déclaré en février, en général, la moyenne mensuelle de l’année 2019, plus basse que le chiffre de mars.


En attendant le traitement de la dette


Le contentieux avec le gouvernement s’ajoute à la problématique commune du « mur de la dette » que contractent tous les autocaristes pour financer leurs véhicules. Le report des remboursements des crédits bancaires se terminait le 31 mars.


Le gouvernement a demandé aux banquiers de prolonger de six mois encore. Mais ceux-ci ne « suivent » pas. Ils réclament des décrets. Par ailleurs Bercy évoque des empêchements dus aux textes européens.


« Cette question de leasing nous plombe », constate Catherine Chaumont, qui va jusqu’à réclamer la reprise des autocars qui, avant d’être amortis, ne pourront plus circuler dans Paris, etc.


« Attendez ! Des choses sont prévues sur la question des dettes », fait savoir le cabinet d’Alain Griset, le ministre délégué, en charge des PME. L’évocation par Bruno Lemaire, le ministre de l’Économie, la semaine dernière, d’effacement de dettes a suscité des espoirs. « Rien ne nous est dit. Sur quels critères vont-ils se baser ? Rien n’est précisé », s’inquiète Catherine Chaumont.


La FNTV faisait état, le 19 avril 2021, du démarrage « d’un dispositif de concertation et de conciliation pour étaler ou annuler partiellement des dettes d’entreprises au cas par cas ».


Il serait mis en place d’ici quelques semaines. « La situation de chaque entreprise sera examinée par un collège réunissant l’Etat, le commissaire aux comptes, les représentants du tribunal de commerce, et les banquiers », précisait même la FNTV.


A Bercy toutefois, on ne confirme rien sur la composition de ce cénacle. « On ne sait pas encore. Comprenez qu’il faut un peu de temps pour mettre en place une telle organisation, relativement lourde. On ne veut pas se tromper mais nous ferons du cas par cas. Des annonces sont prévues mais pas dans les jours qui viennent, d’ici quelques semaines », y entend-on.


C’est donc une question de temps. D’un autre côté, Alain Roubian, consultant pour le Collectif des autocaristes Indépendants (CAI) signale : « Nous avons parmi nous de premiers interdits bancaires ».

Il n’est donc pas encore exclu que des manifestations d’autocaristes soient de nouveau au programme pour « mettre la pression ».