• Jean-François Bélanger

Contournement autoroutier lyonnais : le gouvernement veut poursuivre…


Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et du Sytral.
Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et du Sytral.

06/01/2022 - Contrairement à la décision du conseil métropolitain de Lyon prise le 27 septembre dernier, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebarri a décidé fin décembre de poursuivre les études relatives à l’élargissement à deux fois trois voies de l’autoroute A46 dans l‘est lyonnais.

L’arrêté ministériel a aussitôt fait réagir la Métropole de Lyon. Celle-ci souligne que « cet élargissement ignore sa stratégie globale, de réduction du trafic individuel sur cet axe, notamment grâce aux transports en commun et au covoiturage ».


La collectivité relève par ailleurs que « ce projet va à l’encontre des promesses gouvernementales de privilégier le transport de marchandises par le rail ».


Pour Bruno Bernard, son président, « la décision que prend le Gouvernement au sujet de l’A46 est anti-climat. Prioriser l’accroissement des capacités routières d’un tel axe irait à l’encontre de nos efforts de rééquilibrage du transport sur le territoire métropolitain et freinerait le développement d’alternatives efficaces et bien plus respectueuses de l’environnement ». Effectivement, il s’agit de deux politiques différentes.


D’un point de vue global, la stratégie de la Métropole de Lyon ne consiste pas à dévier le trafic, mais à le réduire, alors que les milieux économiques, relayés par exemple par les Chambres de Commerce et d’Industrie sont favorables à cet élargissement.


Pour Bruno Bernard : « il est possible de contenir le trafic sur l’A46 en proposant des alternatives crédibles »


Le Sytral à la manœuvre


La transformation du Sytral en établissement public, au 1er janvier 2022, offre une belle opportunité pour renforcer par exemple la desserte en transports collectifs du Pays de l’Ozon, jusqu’ici pilotée par la Région.


Si la Région concrétise ses intentions, la Métropole et le Sytral souhaitent contribuer au développement d’un service express métropolitain vers ces deux territoires, combinant à terme une desserte ferroviaire toutes les 15 minutes entre 6 h et 23 h et des cars express sur autoroute.


Mais ces perspectives évoquées depuis longtemps n’ont pas à ce jour donné lieu à des annonces. Au-delà, la Métropole affiche une volonté forte de coopération avec les territoires voisins en matière de covoiturage, en particulier avec les agglomérations de Vienne-Condrieu et des Portes de l’Isère.


Sur ce projet d’élargissement, au coût de 250 M€, sur l’infrastructure gérée par ASF (Vinci Autoroutes), une nouvelle phase d’échanges devrait être engagée avec les acteurs concernés, sous l’égide du Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes.