• Jean-François Bélanger

Concurrence Thello : la SNCF prépare la riposte


28/09/2021 - Parallèlement à la célébration du 40e anniversaire du TGV entre Paris et Lyon, la SNCF en a profité pour présenter la maquette du nez du futur TGV M Alstom, qui doit donner un nouvel élan de croissance à la grande vitesse ferroviaire à partir de 2024. D’ici là, le transporteur se prépare à affronter Thello sur son axe historique.


Progressivement, en cette fin d’été, le trafic de la grande vitesse se normalise. L’offre se situe autour des 85% de l’offre classique, avant d’atteindre prochainement les 100%.


Du côté de la demande, l’été a enregistré une fréquentation supplémentaire de 12% par rapport à celle de l’année dernière, ce qui représente encore un déficit de 9% par rapport à 2019.


Pour autant, c’est bien la clientèle Affaires, celle à forte contribution, qui manque encore à l’appel. Compte tenu des nouveaux comportements apparus avec la crise sanitaire (télétravail, visio-conférence…), « nous tablons sur une baisse comprise entre 10 et 20%, en espérant que celle-ci soit plus proche de 10 que de 20 » prévoit Alain Krakovitch, directeur de Voyages SNCF.


Le trafic international est lui aussi sur des tendances similaires alors que se profile la constitution d’une nouvelle société qui fusionnerait Eurostar et Thalys, sans que pour l’instant le nom, le siège, la constitution… de cette future société ne soient communiqués.


Le plan « Riposte » face à Thello


Mais demain, c’est-à-dire avant la fin de cette année, se profile l’arrivée de Thello, vraisemblablement avec deux fréquences quotidiennes entre Paris, Lyon et Milan, pour commencer. La filiale de Trenitalia n’a pas encore communiqué les détails de son offre mais il est vraisemblable que ses rames Zefiro proposeront quatre classes de service. Qu’en sera-t-il pour la SNCF ?


« Déjà, nous avons lancé Ouigo sur Paris-Lyon. Pour Inoui, notre président est assez favorable à assurer une simplicité de l’offre, donc nous conserverons les deux classes actuelles », explique Alain Krakovitch.


Il n’empêche, entre Paris et Lyon, la SNCF vient d’engager l’expérimentation d’une nouvelle Business Première. Et, toujours sur cet axe, viennent d’arriver de nouvelles rames Oceane offrant davantage d’agrément et de confort.


Déjà des baisses de prix constatées sur Lyon et Valence


Quant aux tarifs, est-ce une coïncidence ou un effet du plan « Riposte » de la SNCF ? Certains distributeurs constatent déjà des baisses de prix. C’est le cas de Trainline, l’opérateur leader en Europe pour les ventes de billet de train et d’autocar.


Il indique que, pour les mois de juillet et août, Lyon s’est placée en deuxième position des villes les plus plébiscitées par les Français. Paris-Lyon a enregistré une baisse de tarif de 13% et Paris-Valence de 20%, ce qui fait que le tarif moyen d’un billet pour Lyon chez Trainline s’est situé à 28 €, cet été et même à 20 € à 4 semaines du départ !


Le TGV M pointe son nez


Après l’Espagne avec Ouigo, la SNCF souhaite porter la concurrence en Italie. Au-delà ce sera l’arrivée du TGV M (classes modulables), dont la maquette vient d’être dévoilée à l’occasion du 40e anniversaire du TGV, qui arrivera sur les lignes françaises en 2024 sans que celles-ci ne soient encore définies.


Au total, une centaine de rames produites par Alstom pour un investissement de 3 Mds€ dont les livraisons s’échelonneront entre 2024 et 2032, avec un rythme de 12 rames par an.


Parmi ses caractéristiques, chaque rame offrira 740 places, contre 600 au maximum aujourd’hui, et consommera 20% d’énergie en moins par rapport aux TGV Duplex, 50% de moins par rapport aux TGV classiques.