• Jean-François Bélanger

Colloque AFRA : une ode à la concurrence


Au pupitre, Claude Steinmetz, président de l’Afra.

21/09/2021 - Fort opportunément choisi, le thème du dernier colloque de l’Association Française du Rail (AFRA) a décliné tous les bienfaits que l’on était en droit d’attendre de l’ouverture du rail à la concurrence qui va se précipiter en France.


Les annonces de l’arrivée de Transdev, en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et de celle de Thello, sur l’axe TGV Paris-Lyon, suivies d’une belle résonnance médiatique, ont suscité une forte mobilisation pour le dernier colloque de l’ AFRA intitulé : « l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire : freins et attentes ».


D’autant que, dès l’ouverture, Jean-Baptiste Djebarri a rappelé dans son message les efforts financiers de l’Etat en faveur du rail : 75 Mds€ sur 10 ans, 3 Mds€ dès l’année prochaine pour SNCF Réseau, sans compter la reprise complémentaire de la dette de la SNCF, à hauteur de 35 Mds€. Excusez du peu !


Dans ces conditions, le ministre délégué aux Transports n’a pu que se féliciter des arrivées de Thello, de la Renfe, de Railcoop, du Train et d’autres. « L’Etat les accompagnera » a-t-il assuré.


Roberto Rinaudo, président de Thello.

Ces nouveaux entrants en auront besoin face aux « opérateurs historiques ». Plusieurs « barrières » ont été évoquées. Celle de l’accès aux informations semble essentielle. « Comment demander des informations à un groupe que l’on veut concurrencer ? » s’interroge Roberto Rinaudo, président de Thello (filiale de Trenitalia).


En cas de contestation, Bernard Roman, président de l’Autorité de Régulation des Transports (ART), cite l’autorité de la Concurrence, la Commission de Bruxelles, voire les tribunaux de Commerce.

Autre barrière, celle de la technologie, souvent maîtrisé dans certains domaines sensibles de la sécurité par les opérateurs historiques.


Des prix d’infrastructure élevés en France


Enfin, la question des péages d’infrastructure a été posée. « En Italie, le niveau du train/kilomètre était de 12,5 €, il est passé à 8 €. Sur le Paris-Lyon, on nous demande entre 26 et 39 € au train/kilomètre », annonce Roberto Rinaudo.


Du fait de la présence du président de Thello, il était facile pour Emmanuel Combe, économiste spécialiste des questions de la concurrence, d’évoquer l’exemple italien.


« Les prix ont baissé de 30%, la demande a augmenté de 90% et même l’opérateur historique en a profité. La concurrence renforce l’effet de maillage en ouvrant des lignes abandonnées, la ponctualité s’améliore et, au final, c’est le client qui dispose de pouvoir d’achat et de service », a-t-il plaidé.


Et plus il y aura de trains, plus les ressources de SNCF Réseau vont s’accroître et ses tarifs baisser. « Dans l’aérien, une ligne Bergerac-Londres ne gêne pas Air France et c’est bien le client d’Air France qui, in fine, profite de l’arrivée d’Easyjet », a-t-il illustré.


Pour chacun des intervenants, et afin d’enregistrer de meilleures performances du rail, il est urgent que la France rattrape son retard par rapport aux meilleurs pays européens.