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  • Hubert Heulot

Capacité doublée pour la gare de Nantes


Gare de Nantes
© Willy Berre.

24/11/2020 - Pas un calicot, ni le moindre brin de musique, simplement l’accès aux escaliers et aux ascenseurs tout d’un coup autorisé. C’est par temps de confinement que la « nouvelle » gare de Nantes a été ouverte le 20 novembre 2020.


Une mezzanine à 18m de haut, à l’architecture remarquable, comme le signale Marlène Dolveck, la directrice générale SNCF Gares et Connexions*, lors d’un raout entre officiels en visio-conférence, la veille : voilà Nantes dotée de l’équipement ferroviaire qui doit l’accompagner pour une dizaine d’années.


« Pour les 25 millions de passagers attendus en 2030, alors qu’il en passait 12 seulement il y a deux ans», précisent les communiqués. « Un doublement de capacité », souligne Johanna Rolland la maire de la ville. Le tout pour 190,5 M€ dont 58 pour la gare proprement dite, c’est plus qu’un canal à flux de passagers qui a ouvert.


La nature en ville


Il y a aussi dans cette gare un « geste » architectural qui raconte l’époque. Rudy Ricciotti, l’architecte entre autres du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille, l’oriente vers le végétal.


Même les piliers de l’imposante mezzanine sont des arbres de béton, les racines plantées au niveau des rails, les feuillages abritant du soleil les passants de cette nouvelle « rue suspendue » entre le Nord et le Sud. Les auteurs parlent de canopée.


La nature inspire aussi l’extérieur. Les stations du tramway, toitures tout en courbes de vert, imitent les arbres. « La gare fait le lien entre le jardin des Plantes qui peut servir de salle d’attente au Nord et guise de salle la vue sur Loire au Sud. Elle illustre la réorientation de notre centre-ville vers la nature », précise Johanna Rolland.


Cela se traduit entre autres par davantage d’arbres aux abords de la gare, et par des surfaces végétalisées.


Le souci de l’environnement a, aussi, présidé aux trois ans de construction. Pas dans le choix des matériaux, béton et verre. Mais dans la chasse aux gaz à effets de serre, même avant le chantier. Dès la conception, 250 tonnes de réduction d’émissions de CO2 ont été imaginées, sur un travail en rejetant a priori 5 500 tonnes, et 96% de ses déchets de chantier ont été recyclés.


Beaucoup de vélos, en dehors


Surtout, la « nouvelle » gare change évidemment tout dans la rencontre des mobilités. Elle accueille 220 trains par jour en moyenne, 20 lignes d’autocars, le tramway d’un côté, le réseau bus de l’autre, les taxis de l’autre.


La grande nouveauté tient naturellement dans la plus grande place faite au vélo : 2050 places de stationnement dont 370 sur appuie-vélos et 1200 en parking sécurisé ; une station de services aux cyclistes, réparation et gonflage. La gare est cependant conçue pour que les vélos « vivent leur vie » à l’extérieur de ses locaux.


Il n’y a ainsi pas de rampes de circulation des vélos à l’intérieur, pas de perspectives qui correspondraient à l’embarquement des vélos dans les trains.


Billet unique


Dernière articulation, la gare Nord pour le centre de la ville, la gare Sud pour les liaisons avec les territoires plus lointains en voiture en taxis, en cars, voire en bus spécial pour la navette vers l’aéroport.

L’objectif, pour le Sud, est qu’il accueille 33% de la fréquentation de la gare, contre une vingtaine aujourd’hui. Pour cela, une gare routière de 15 quais voit le jour. Les voitures disposent de 2900 places de parking, y compris pour les loueurs. Il y a 60 places de taxi, 19 pour le dépose-minute.


« Je suggère que l’on convoque une conférence des mobilités pour que l’on trouve maintenant les moyens les plus efficaces pour encourager à l’utilisation du train qui reste un moyen de transport efficace tant sur les plans financiers qu’écologiques. J’avais préconisé, il y a déjà quelques temps, un billet unique », a lancé Philippe Grosvallet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique.


La présidente de Région, Christelle Morançais, a proposé « d’anticiper dès aujourd’hui les besoins de mobilité de la population en plein en expansion des Pays de la Loire ». Après les constructeurs, l’heure est aux opérateurs.


*Dossier de présentation de Gares et Connexions.