• Michel Chlastacz

Avec le DMV, les Japonais relancent le bus rail-route


04/01/2022 - C’est un midibus et c’est aussi un (petit) autorail. Le DMV (comprendre Dual Mode Vehicle) qui a été présenté le 24 décembre 2021 à la veille de sa mise en service commerciale dans la ville japonaise de Kaiyo sur l’île de Shihoku, et à l’issue de près d’un an de travaux sur la petite ligne à la fois rurale et touristique dite Asato (10 km et quatre gares) afin de créer des interfaces rail-route.


Le véhicule a l’aspect extérieur et les caractéristiques techniques d’un midibus avec ses 21 places assises et ses vitesses maximales respectives de 100 km/h sur route et de 60 km/h sur rails.



A l’arrivée du bus sur le site d’interopérabilité avec la voie ferrée les essieux ferroviaires sont abaissés et l’un des deux essieux routiers levé, le second servant à propulser le véhicule. L’opération de substitution est réalisée théoriquement en quinze secondes.


Le système est technologiquement dérivé de celui qui a été testé en 2004-2007 par le réseau du JR Hokkaido en coopération avec Hino, une filiale de Toyota.


Et selon Shigeki Miura, le patron d’Asa Coast Railway, l’exploitant de la ligne qui a été interviewé par l’agence Reuters, « c’est le système idéal pour relier à la voie ferrée locale les villages éloignés où il existe un potentiel de trafic. Notamment avec des gens âgés qui ne conduisent pas ou qui ne conduisent plus leur voiture ».


Mais le DMV pourrait être aussi un véhicule touristique idéal, puisqu’il offrirait la possibilité, dans un même circuit de visite, de passer aisément des petites lignes aux petites routes, toutes aussi pittoresques...


De là à prétendre qu’il s’agirait du premier véhicule bi-mode rail-route du monde comme l’annonce l’agence Reuters, il y a loin !


En réalité, la seule nouveauté notable dans ce domaine - en comparaison des principes techniques proches de ses (très nombreux) prédécesseurs* - résiderait plutôt dans les applications informatiques de la commande du changement de système de roulement qui devraient permettent de raccourcir notablement la durée de l’opération.


 

* Comme pour ne citer qu’un exemple français celui de l’autocar Talon qui avait été expérimenté sur la ligne Carcassonne-Quillan (Aude) de 1943 à 1946.