• Michel Chlastacz

Après réouverture, la ligne des Causses en attente d’une vision d’avenir


ligne des Causses

26/01/2022 - Depuis fin novembre 2021, le trafic ferroviaire a repris de bout en bout sur la ligne des Causses (Béziers-Neussargues, 277 km) après deux années d’arrêt en raison d’une réhabilitation « d’urgence » (!) de la section Saint-Chély-d’Apcher-Neussargues (56 km) dont l’état de la voie avait nécessité l’interruption du trafic.


Près de 11,5 M€ ont été dépensés dans le cadre d’une convention entre l’État et la région Occitanie pour ces travaux qui se poursuivront jusqu’en 2023 au profit d’autres sections.


C’est une ligne symbole, et à double titre. En tant que telle avec ses étonnants paysages mais aussi une ligne au tracé et au profil difficiles avec pas moins de 666 courbes, des rampes allant jusqu‘à 33‰, 38 tunnels et de très nombreux ponts et viaducs. Dont bien sur celui de Garabit, le chef-d’œuvre d’Eiffel.

Et elle semble aussi être une illustration quasiment pédagogique de l’abandon de ces lignes dites désormais LDFT, comme « Lignes de Desserte Fine du Territoire ».


À tel point que le site ferroviaire Raildusud estime que « le Massif central apparaît comme une caricature de tiers-mondisation du transport, de relégation territoriale et de liquidation du patrimoine ferroviaire du pays ». Pourtant durant son histoire cette ligne a joué un rôle plus important*.


Si elle est rouverte avec une offre de trafic qui reste toujours aussi squelettique (1 aller-retour Inter-Cités de bout en bout et des allers-retours TER Béziers-Saint-Chély, Béziers-Bédarieux et Béziers-Millau), son avenir reste à définir et sa modernisation pose des questions qui ne sont pas uniquement financières.

Côté voies, le remplacement des sections hors d’âge presque centenaires et encore équipées de rails à double champignon est incontournable, alors que les choix restent à faire dans d’autres domaines.


Ainsi, côté signalisation, l’actuel système de commande centralisée avec BAPR pourrait être affiné afin d’offrir plus de capacités.


Toutefois l’enjeu essentiel est le devenir de l’électrification. Alors qu’une grande partie des caténaires en forme d’ogive caractéristiques du réseau du Midi est très délabrée.


La solution serait de « dés-électrifier » certaines sections et d’utiliser des rames à batteries qui continueraient à être alimentées par caténaire sur les parties en bon état. Une démarche plus positive pour l’énergie et l’environnement qu’un simple abandon de l’électrification...


 

* Achevée en 1888 et électrifiée en 1,5 kV continu en 1932, son rôle fret était lié à l’expédition des vins du Languedoc. Aujourd’hui il se limite au transport des « coils » de Fos-sur-Mer vers l’usine Arcelor-Mittal de Saint-Chély-d’Apcher. La ligne a été desservie par un express Paris-Lyon-Béziers via Clermont-Ferrand, Brioude et Saint-Flour et par des voitures directes Paris-Saint-Flour. De 1980 à 2007, « l’Aubrac » reliait Paris à Béziers via Clermont-Ferrand, Saint-Flour et Millau.


Photo: © TransportRail.