• Jean-François Bélanger

Aérien vs Fer : la FNAM conteste le discours de Jean-Pierre Farandou


FNAM
Aéroport de Lorient Bretagne Sud - © Josiane Grand-Colas.

08/12/2021 - La Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM) a réagi aux propos tenus le 1er décembre, par Jean-Pierre Farandou, Pdg de la SNCF, lors d’une audition à l’Assemblée Nationale au sujet de sa demande de taxation supplémentaire de l’aérien et des coûts comparés entre les différents modes de transport.

Le président de la SNCF a notamment appelé à l’occasion de son audition, à une taxation supplémentaire du transport aérien. Une demande d’évidence exactement contraire à ce que demandent les organismes en charge du transport aérien.


Ainsi, la FNAM rappelle qu’elle reste attachée à une approche complémentaire des modes de transport qui doivent répondre au mieux aux attentes des passagers, tant en termes de service que de politique tarifaire.


Quant à la concurrence, elle constitue un puissant vecteur de qualité de service, permettant au plus grand nombre l’accès au voyage.


Pour illustrer le poids de la taxation de l’aérien, la FNAM prend l’exemple d’un billet d’avion entre Paris et Nice, en 2019 (année avant Covid) selon le tarif d’une compagnie française. Dans cet exemple les taxes représentent plus de la moitié du prix total (53%) payé par le passager.


Le coût des infrastructures ferroviaires en cause


La FNAM poursuit en s’appuyant sur une étude comparative effectuée aussi en 2019, pour le compte de la Commission Européenne, qui a comparé les coûts supportés par la collectivité pour l’usage de la voiture, des trains à grande vitesse et de l’avion, autant en ce qui concerne les infrastructures que les externalités (pollution, accidents, retards,..).


Selon elle, ce serait bien le train à grande vitesse qui coûterait le plus cher, soit 8,9 € de coût moyen par voyageurs, devant la voiture 8,7 € et l’avion 3,5 €.


Une situation qui s’explique par l’importance du poste « infrastructure » pour le rail, qui est cinq fois plus important par passager que pour la route, et près de 7 fois plus important que pour l’aérien.


La FNAM, qui regroupe 370 entreprises, soit plus de 100 000 emplois, dont 65 000 en compagnies aériennes, plus 15 000 dans l’assistance en escale et gestionnaire d’aéroports, tire ainsi un signal d’alarme au moment où le trafic aérien a perdu les deux tiers de ses passagers.


Elle ajoute que le transport aérien reste un secteur engagé vers la décarbonation de ses activités et appelle au contraire les pouvoirs publics à contribuer aux investissements nécessaires, notamment dans le domaine des carburants alternatifs durables (SAF), permettant d’atteindre l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé l’Union européenne.