• Jean-François Bélanger

Un « acte d’exécution » de la Commission Européenne en gestation pour le Lyon-Turin


02/11/2020 - En réponse à un courrier du président du Comité La Transalpine, Ursula von der Leyen a fait savoir à Jacques Gounon, son président, que la Commission Européenne souhaitait que ce projet soit réalisé aussi vite que possible, y compris en ce qui concerne ses voies d’accès.

Si le tunnel transfrontalier est entré dans une phase irréversible avec une livraison de l’ouvrage désormais fixée à 2030, la question de ses voies d’accès, tant du côté italien que du côté français reste encore floue.

Pour accélérer les choses, la présidente de la Commission d’Européenne, Ursula von der Layen, s’apprête à délivrer aux deux gouvernements français et italiens « un acte d’exécution ».

De part et d’autre des Alpes, se pose en effet la question des voies d’accès. Et le côté français est bien plus important, soit autour de 140 kilomètres, à partir de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry et du contournement ferroviaire de Lyon.

Le chiffrage a été établi autour des 7,7 Mds€, ramenés autour des 5 Mds€ en fonction d’un phasage des travaux. Sur ce montant, l’Etat français et l‘Union Européenne en financerait entre 20 et 50%.

Du côté italien, le coût a été estimé à 1,9 Md€ pour une répartition assez proche entre l’Etat italien et l’Union Européenne.

« En France, il existe une Déclaration d’Utilité Publique qui date de 2013, mais à ce jour, il n’y a pas d’avancée notoire », constate Stéphane Guggino, délégué général de La Transalpine.

Alors que ce projet figure en bonne place du plan de relance, la Commission Européenne ne souhaite pas que les performances d’un ouvrage chiffré à 8,6 Mds€, qu’elle finance pour plus de la moitié, soit péjorées par des accès qui ne seraient pas à la hauteur.

C’est pour cela que, constatant que le dossier n’avance pas, elle prépare à l’attention de la France et de l’Italie cet « acte d’exécution ».

Cette procédure est prévue par le règlement RTE-T pour les projets transfrontaliers majeurs, comme l’est le Lyon-Turin, chaînon manquant sur le corridor méditerranéen.

3,5 Mds€ d’appels d’offres pour 52 kilomètres

En ce qui concerne le tunnel proprement dit, la prochaine étape va consister en l’attribution de près de 3,5 Mds€ de marchés pour la construction de 40 kilomètres du côté français et de 12 kilomètres du côté italien.

Leur attribution est prévue pour le premier trimestre 2021 pour le côté français et six mois plus tard pour le côté italien. A ce jour, le comité La Transalpine considère que 20% du projet global du tunnel est acquis.