Fond-MM_edited.jpg
  • Pierre Cossard

L’accès des handicapés aux transports relancé en Pays de la Loire


A Nantes, l’accès aux quais, pour des non-voyants, butte sur des arbres. (Photo Bernard Routon, Association valentin Haüy).

04/05/2021 - La Région des Pays de la Loire vient de signer une charte d’amélioration de l’accès aux transports publics avec une dizaine d’associations représentant des personnes en situation de handicap*. Dans les gares, aux points d’arrêts des autobus et des autocars, dans les autocars eux-mêmes, en agissant sur les véhicules, les stations, en facilitant l’accès aux accompagnants, en prévoyant la formation des conducteurs.


Gratuité pour les accompagnants


« Le sujet de l’accessibilité n’est plus piloté nationalement depuis la loi handicap de 2005. Il a même pris une grande claque en 2014 avec les agendas d’accessibilité programmée (ADAP) qui ont rallongé les délais de mise en conformité. De plus, en limitant les obligations d’aménagement aux points d’arrêts décrétés prioritaires, ils ont réduit l’accessibilité à 40% de ce qui existe. Qui accepterait cela ? De ce point de vue, la charte signée avec les Pays de la Loire est importante compte tenu du poids acquis dans les transports par les Régions depuis la LOM. Nous allons la proposer autres Régions », explique Nicolas Mérille, le conseiller national à l’accessibilité de l’APF France Handicap.


Originalité, la Région des Pays de la Loire veut la gratuité pour les accompagnants des personnes handicapées. Elle va travailler sur le sujet.


Non-voyants et mal-voyants


Plus classiquement, elle vise donc la mise en accessibilité physique des 18 gares prioritaires sur son territoire, dont 7 nationales, d’ici 2025. La loi les impose pour 2024. Mais elle veut à commencer à le faire aussi pour les gares non prioritaires. Et privilégie alors celles à forte progression de trafic entre 600 et 100 voyageurs par jour. En finançant leurs aménagements à 50%.


Dans les trains comme dans les autres transports publics, l’objectif, comme en 2005, reste l’accessibilité « universelle ». Mais, depuis 2005, les efforts d’accessibilité ont surtout visé les personnes en fauteuil. Pas les autres handicapés, notamment visuels.


« Même dans les gares livrées récemment, comme celle de Nantes, il faut remédier à des anomalies criantes », se plaint Martine Routon, représentante de l’Association Valentin Haüy pour les aveugles et non-voyants.


A Nantes, les escalators, même les ascenseurs étaient interdits aux handicapés visuels en vertu des règles de la SNCF, pour eux les bandes de guidage au sol manquent souvent.