• Michel Chlastacz

Le Plan de relance amorce un rattrapage pour le ferroviaire


Avec ses 37 Mds€, la « transition énergétique » concerne plus du tiers des 100 Mds€ de montant du Plan de relance de l’économie qui a été présenté le 3 septembre 2020 par le Premier ministre Jean Castex.

Dans cet ensemble, les transports bénéficieraient de 11 Mds€, dont 4,6 Mds€ iraient au secteur ferroviaire. Des sommes auxquels s’ajouteraient dans ce domaine les 550 M€ qui étaient déjà prévus afin d’accélérer les travaux d’infrastructures.

C’est à la fois beaucoup et peu. Mais c’est, aussi et surtout, encore très imprécis.

C’est beaucoup, dans la mesure où ce fort « coup de pouce » n’inclut pas les éventuelles aides d’équilibre à SNCF Mobilités, ni l’effacement de la dette de SNCF Réseau, ni la recapitalisation possible du groupe SNCF.

Mais il abonde très fortement les grands investissements de maintenance et de modernisation du réseau qui ont été lancés parallèlement à la réforme ferroviaire de 2018, au rythme de plus de 5 Mds€ d’investissements annuels.

C’est peu en comparaison des aides qui ont été accordées en toute urgence au transport aérien et à l’industrie automobile avec 7 Mds€ pour Air France KLM et 5 Mds€ pour Renault. Sans réelles conditions d’amélioration de leurs impacts environnementaux respectifs.

C’est surtout encore imprécis. On évoque ainsi pêle-mêle la relance des petites lignes* et celle du fret ainsi que des investissements supplémentaires de modernisation des lignes structurantes du réseau comme de ceux consacrés à l’augmentation de capacité des nœuds ferroviaires métropolitains régionaux.

En même temps, d’autres chapitres du Plan de relance auraient aussi des retombées indirectes dans le secteur ferroviaire.

C’est le cas d’une partie des 1,2 Md€ d’investissements qui sont ici dédiés aux « mobilités du quotidien ». Outre le vélo et les mobilités dites « douces », elles concernent essentiellement les transports urbains.

Ces retombées ferroviaires pourraient par exemple se concrétiser dans un nouvel « Appel à projets TCSP » qui comporterait de fortes visées de développement des liaisons périurbaines.

Même retombées éventuellement possibles avec les 2 Mds€ (en attendant les 7 Mds€ promis à moyen terme) qui seraient consacrés au développement de la filière de l’hydrogène.

Si une faible partie de cet investissement peut aider les constructeurs ferroviaires pour produire les matériels roulants ad hoc, c’est surtout la possibilité de création d’un réseau de distribution qui se trouve ici offerte. Au profit de la route certes, même si le réseau ferré pourrait aussi en profiter...

* Sur les 9000 km de lignes concernées, 1500 km seront réintégrées dans le réseau principal donc sous la responsabilité financière de l’État tandis que certaines d’entre elles passeront aux régions à l’exemple des accords conclus avec Centre-Val de Loire et Grand Est et que la plupart d’entre elles resteront cofinancées par l’État et les Régions.

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