• Christine Cabiron

Drôme : 1ère expérimentation d’une navette autonome en milieu rural


Une navette autonome électrique assure depuis le 7 septembre 2020 des liaisons entre la ville de Crest et l’Ecosite de Eurre dans la Drôme. C’est le premier service de mobilité de ce type en milieu rural.

Elle s’appelle Beti et revêt les couleurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette navette autonome 100% électrique, assure depuis le 7 septembre 2020, des relations entre la gare SNCF de Crest (9000 habitants) et l’Ecosite Val de Drôme, situé à 5 km.

« C’est une véritable innovation européenne, voire mondiale », affirme Benjamin Beaudet, directeur général du groupe Bertolami, une entreprise familiale en charge de l’exploitation de ce service.

Une innovation technologique car Beti vise à assurer un service de transport public en milieu rural. En effet le véhicule, conçu par Navya, évolue sur une voie de circulation ouverte.

Jusque-là rien d’exceptionnel, puisque de tels services existent notamment à Lyon. Par contre, Beti doit parcourir 1,5 km sur une voie communale dénuée de repères fixes, à même de renseigner les capteurs du véhicule.

« Sur cette section, Beti circule au milieu des champs bordés d’arbres dont la végétation varie au fil des saisons », explique Sébastien Bodé, directeur délégué d’Euravia. Cet industriel a donc dû installer un panneau tous les 50m et un marquage au sol afin de guider le minibus. « Un équipement frugal et économique », note-t-il.

Sept stations en 22 min

L’expérimentation durera quatre mois et demi. Elle représente un coût d’exploitation de 280 000€, financé majoritairement par la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous voulons une ruralité durable dans laquelle nous voulons développer les services publics », a indiqué Laurent Wauquiez, le président de cette Région, lors de l’inauguration de la navette.

Beti dessert sept stations en 22 minutes : la gare SNCF de Crest, des pôles commerciaux, d’habitat, administratifs et l’Ecosite de la communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée. Ce site, implanté sur la commune d’Eurre, s’étend sur 45 hectares. Il accueille 93 entreprises qui emploient 530 personnes.

« Cet Ecosite n’est pas desservi par les transports publics », rappelle Jean-Serret, le président de cette intercommunalité. « A l’heure où une grande partie de la population périurbaine et rurale exprime son besoin vital de mobilité, il est normal que la communauté de communes se mette au service de ses habitants pour trouver des solutions ».

Si cette expérimentation s’avère concluante, Jean Serret envisage de créer des services de mobilité de ce type dans d’autres secteurs de ce territoire qui regroupe 32 000 habitants.