• Jean-François Bélanger

Nicolas Hulot veut 3 Mds€ supplémentaires par an pour le ferroviaire


Avant que ne sortent les préconisations gouvernementales qui relaieront le dernier discours présidentiel pour relancer le fret, les trains de nuit et assurer l’avenir des petites lignes, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme précise ses priorités et ses ambitions pour le secteur ferroviaire.

Quelques semaines après que le chef de l’Etat ait annoncé son souhait de relancer le secteur ferroviaire, suivi du discours de politique générale du Premier Ministre, la Fondation Nicolas Hulot (FNH) s’engouffre dans la brèche et annonce ses priorités.

Pour les petites lignes, la FNH appelle à instaurer un moratoire de cinq ans, ceci afin d’éviter la suppression de lignes sans concertation, logique qui prévaut depuis plusieurs années. Une pause qui permettrait aussi le temps de la concertation territoriale.

En 2020, 6,2 Mds€ seront investis soit par SNCF Réseau, soit par l’Etat via l’Agence de Financement des Infrastructures, 1 650 chantiers sont concernés. Insuffisant pour la FNH pour qui la relance du ferroviaire exige des moyens supplémentaires.

Elle chiffre le montant d’investissement public à 2 Mds€ supplémentaires par an nécessaire. A cela, s’ajoute le besoin de renouvellement du matériel roulant : locomotives, évolution des motorisations, rames supplémentaires. Au total, ce sont 3 Mds€ supplémentaires par an qui doivent être mobilisés par l’Etat, en s’appuyant sur les fonds européens.

150 M€ pour les trains de nuit

Sur ce montant, la FNH dédierait 150 M€ pour les trains de nuit. Elle soutient le collectif « Oui au train de nuit » qui propose de créer à l’horizon 2030, une quinzaine de lignes transversales nécessitant un parc de 750 voiture neuves pour une quarantaine de trains, en complément du réseau TGV, pour les trajets supérieurs à 750 kilomètres.

Figure également dans les priorités de la fondation, l’emport des vélos dans les trains, et elle déplore le fait que le décret d’application de la LOM le stipulant ne soit pas encore sorti. Elle préconise un nombre de vélos représentant 2% du nombre de passagers, selon les trains, alors que la France est l’une des premières nations de cyclotourisme au monde, avec plus de 7 000 kilomètres d’itinéraires référencés.

Pour favoriser l’intermodalité train-vélo, trois mesures phares doivent être adoptées dans les gares : l’accessibilité depuis le réseau routier, le stationnement sécurisé des vélos dans les gares et des services de réparation et de location.