• Christine Cabiron

La RATP plonge dans le rouge à cause du Covid-19


Les grèves et la crise sanitaire liées au Coronavirus ont fortement impacté les résultats du groupe RATP lors du 1er semestre 2020. Le chiffre d’affaires est en recul de 7,4%. Le groupe dispose néanmoins d’une trésorerie solide pour poursuivre ses investissements et tenir le cap.

Le groupe RATP a été percuté de plein fouet par la crise sanitaire liée à l’épidémie du Coronavirus. Lors du premier semestre 2020, l’entreprise constate une baisse de 7,4% de son chiffre d’affaires consolidé qui s’élève désormais à 2,746 Md€. Soit un manque à gagner de 220 M€.

En cause : une chute vertigineuse de la fréquentation en Ile-de-France (- 51%) relative à la grève liée à la réforme des retraites et au Covid-19. Conséquence : le résultat opérationnel (57 M€) est en baisse de 190 M€ (-77%).

Trésorerie sécurisée

« La situation financière des transports publics franciliens reste critique. En Ile-de-France notre autorité organisatrice, Ile-de-France mobilités, a suspendu le paiement des contributions d’exploitation à la RATP à compter du 8 juillet 2020 », a rappelé Catherine Guillouard, président-directrice générale de l’entreprise.

« De façon transitoire, la RATP en conformité avec ses obligations de service public, a décidé de poursuivre l’exploitation de son offre de transport nominale en puisant sur sa trésorerie pour financer ses charges en attendant qu’une solution soit trouvée pour rétablir l’équilibre financier du système de transports franciliens ».

La capacité d’autofinancement (409 M€, en retrait de 160 M€) permet de financer la quasi-totalité des investissements sur fonds propres, mais elle n’est pas suffisante. C’est pourquoi depuis mars 2020, la RATP s’est attachée à sécuriser sa trésorerie à travers d’importantes émissions d’emprunts à court et long terme sur les marchés financiers.

Ce qui permet au groupe de disposer d’une trésorerie de 2,7 Md€ au 30 juin 2020 à laquelle s’ajoutent 500 M€ de lignes de crédits bancaires. Ainsi lors du premier semestre, la RATP en lien avec Ile-de-France mobilités, a investi 703 M€. Un montant en hausse de 5,5% par rapport à 2019.

Ce qui porte la dette à 5,761 Md€, en augmentation de 579 M€ par rapport à décembre 2019.

Impacts dans les filiales

Les filiales du groupes ont, elles-aussi, été impactées par la crise sanitaire. Le chiffre d’affaires de RATP Dev a diminué de 47 M€ entre juin 2019 et juin 2020. Il s’élève désormais à 569 M€ (-7,6%).

« Malgré le contexte sanitaire et la perte du contrat d’Austin aux Etats-Unis, RATP Dev affiche une croissance organique élevée (+52 M€) au premier semestre sous l’effet des démarrages de contrats de Brest, Angers, Saint-Malo, Creil », précise un communiqué.

Pour sa part, Systra, la filiale d’ingénierie détenue conjointement avec la SNCF, a subi un impact modéré de la crise sanitaire grâce à un basculement massif sur le télétravail. Ce qui a permis de « maintenir un haut niveau d’activité sur les principaux contrats de design en cours et à une activité commerciale très dynamique ».

Cependant, pour compenser les impacts de la crise sanitaires, Systra a souscrit un prêt garanti par l’Etat et un autre auprès de la BPI.