• Jean-François Bélanger

Eurostar arrête sa desserte des Alpes


C’est dans la torpeur d’un été décidément bien particulier qu’Eurostar a fait savoir qu’il avait décidé d’interrompre ses liaisons entre Londres et Bourg-Saint-Maurice pour l’hiver prochain, déclenchant une levée de boucliers auprès des élus et des acteurs touristiques locaux.

C’est juste au moment où le retour des trains de nuit est en débat et qu’il concrétise en France une tendance européenne, qu’Eurostar, détenu à 55% par la SNCF, décide de ne plus assurer le « skitrain » entre Londres et Bourg-Saint-Maurice, pour la prochaine saison d’hiver.

Est-ce l’une des premières conséquences d’un Brexit vers lequel on s’achemine sans accord, l’une des conséquences de la pandémie mondiale du coronavirus, ou encore des considérations économiques ? Sans doute un peu de tout cela.

La clientèle britannique est l’une des toutes premières en matière de fréquentation hivernale. On se souvient qu’à la fin de l’hiver 2018/2019, le maire de Bourg-Saint-Maurice/Les Arcs de l’époque, Michel Giraudy avait donné rendez-vous à Bourg-Saint-Maurice à 400 britanniques de l’Eurostar en leur offrant le café à la gare avant leur retour à Londres.

Sur une saison classique, les britanniques représentent autour de 500 000 touristes, soit 40% de la clientèle internationale. Certes, tous ne viennent pas avec le train, mais Eurostar irriguait les plus grandes stations de la moyenne et de la haute vallée de Tarentaise, via Moutiers, Aime-La-Plagne et Bourg-Saint-Maurice avec une offre de trajet direct à l’aller et au retour.

Depuis quelques années, le réseau Thalys avait lui aussi emprunté ce schéma, acheminant des skieurs depuis la Belgique et les Pays-Bas.

Déjà, des propositions alternatives commencent à être évoquées au cas où la situation se confirmerait. Par exemple des liaisons depuis Londres avec des correspondances à Lille ou à Paris. Mais elles seraient forcément moins attractives qu’une liaison sans rupture de charge.

Et beaucoup redoutent des reports sur la route ou sur les airs, avec les conséquences environnementales négatives pour les territoires de montagne. Des pétitions sont en cours…