• Michel Chlastacz

Vers la relance du rail avec des... Trains Macron ?


Un thème inattendu. Lors de son allocution du 14 juillet, le Chef de l’État a mis en avant le nécessaire développement du fret ferroviaire, des trains de nuit, des lignes transversales et des petites lignes.

Il a justifié en même temps la suppression de lignes aériennes intérieures dès lors qu’une alternative ferroviaire en moins de 2 heures 30 s’avère possible.

La « Convention citoyenne pour le climat » est décidément passée par là, et le Président de la République aura en quelque sorte « fait son marché » parmi les 150 propositions dont les plus connues dans le domaine des transports sont justement celles énoncées par Emmanuel Macron...

Reste qu’en l’attente de la création d’éventuels « Trains Macron », on constate que dans le secteur des transports, les premières mesures d’aide financières massives de l’après-confinement ont bénéficié d’abord à Air France (7 Mds€) et à Renault (5 Mds€).

Et il convient de rappeler qu’après la publication du rapport Duron et la réforme des TET (plus concrètement le transfert de la plupart de ces relations aux régions), le lancement puis le développement des « cars Macron » avait justifié - mais a posteriori - la suppression par la SNCF de la quasi-totalité du réseau des trains de nuit et de la plupart des relations transversales assurées par des trains classiques.

Quant au devenir des petites lignes, on reste toujours en l’attente interminable du rapport du Préfet François Philizot. Tandis que la solution qui semble se dessiner est essentiellement - ici aussi - celle d’un transfert de la responsabilité de ces mêmes lignes aux régions.

Avec le risque de ressources insuffisantes, risque qui se trouve désormais aggravé par un contexte économique général mettant l’ensemble des TER en péril.

Si l’on veut éviter de nouvelles suppressions de service suivies de fermetures en cascade justifiées par la dégradation des infrastructures, il suffirait, selon les estimations de SNCF Réseau, d’investir environ 7 Mds€ d’ici 2028 pour la remise à niveau de ces petites lignes.

Autant que pour Air France, mais cette fois graduellement...