• Jean-François Belanger

Le Lyon-Turin une nouvelle fois remis en cause ?


Alors que certains attendent un nouveau geste de l’Union Européenne sur le financement des accès au tunnel transfrontalier du côté français, l’arrivée des exécutifs écologistes à Lyon et à la Métropole de Lyon, opposants au projet dans sa totalité, rebat une nouvelle fois les cartes.

Installé dans le fauteuil de la mairie de Lyon depuis le 4 juillet 2020, Grégory Doucet avait eu le temps auparavant de s’exprimer dans les colonnes du quotidien italien La Stampa.

C’est donc de l’autre côté des Alpes qu’il a publiquement déclaré et interrogé fermement : « il faut arrêter la LGV entre Lyon et Turin. Mais est-ce possible ? ». Position conforme à l’opposition désormais farouche de la plupart des élus écologistes, mais aussi contradictoire avec le soutien sans faille au projet d’autres élus, notamment ceux des vallées alpines concernées et inquiets de la dégradation de leur environnement par les camions.

On se souvient que ce projet, né il y a une trentaine d’années, était soutenu à son origine par les mouvements écologiques, avant que ceux-ci ne changent radicalement de cap, notamment sous l’impulsion de Daniel Ibanez, présenté par certains comme un gourou.

Retour à la case départ ?

« Si on la valorise, la ligne existante entre Lyon et Turin est suffisante », a ajouté Grégory Doucet, s’attirant aussitôt les foudres de la Transalpine, association qui rappelle, quant à elle, que les ouvrages historiques sont arrivés à bout.

De son côté, le consortium TELT confirme le redémarrage des travaux en France et en Italie dans les conditions sanitaires requises, après l’épisode du Covid-19, depuis la fin du mois de mai.

Le maire de Lyon s’est montré plus favorable à l’idée « d’investir là et dans le reste de la France », un discours analysé par d’autres comme de nouvelles opportunités pour compléter le financement d’infrastructures franciliennes, par exemple.

En attendant, Grégory Doucet pourra compter sur un appui précieux à la Métropole, celui de Jean-Charles Kohlhaas, élu 5e vice-président de la Métropole de Lyon, en charge… des Transports, et lui aussi fermement opposé à ce projet qui s’inscrit pourtant dans le corridor méditerranéen européen.