• Michel Chlastacz

La FIF demande une Loi de programmation ferroviaire


Le 11 juin 2020, Louis Nègre, président de la Fédération des Industries Ferroviaires, Jean-Baptiste Eymeoud, président d’Alstom France et Laurent Bouyer, président de Bombardier France, ont « tiré la sonnette d’alarme » dans une lettre adressée au Président de la République.

Ils y évoquent leur « extrême inquiétude pour l’avenir de la filière (ferroviaire). Alors que des perspectives très positives (se faisaient) entrevoir, encore fin 2019 (avec) les programmes d’équipements, de modernisation et d’innovation du réseau et du matériel roulant financés par nos Régions et nos opérateurs publics et privés ».

Mais « six mois de chaos ont totalement obscurci cette visibilité et les perspectives qui s’y rattachaient », expliquent-ils, en rappelant « la situation extrêmement préoccupante des opérateurs SNCF et RATP », comme celle des régions qui ont « durablement perdu une grande partie de leurs ressources budgétaires et recettes d’exploitation mettant en danger l’équilibre économique de la mobilité dont elles ont la responsabilité ».

Une situation qui risque, selon les signataires de la lettre, d’obliger à un rééchelonnement, voire à une remise en cause, des investissements, et par conséquent du plan de charge et des carnets de commande des entreprises de la filière ferroviaire.

Une filière qui, si elle réalise 30% de ses activités à l’international, est toutefois liée majoritairement à ses grands donneurs d’ordre nationaux : État, régions, métropoles et agglomérations, SNCF, RATP et exploitants urbains.

Même si « la filière évolue dans le temps long (et que) cette caractéristique a (lui a) permis d’apparaître moins touchée que d’autres secteurs (...) sans action volontariste et rapide de l’État c’est tout une activité industrielle et un mode de transport qui pourraient s’écrouler dans notre pays. Alors que nos grands voisins européens ont TOUS fait le choix de soutenir énergiquement leur système ferroviaire lourdement touché par la crise du Covid-19 ».

La FIF demande au Président de la République de « faire émerger une Loi de programmation pour le ferroviaire (...) comme cela est prévu par la Loi d’Orientation des Mobilités votée l’an dernier ».