• Jean-François Belanger - Michel Chlastacz

La SNCF se refait une image en Sud Paca


Avec l’inauguration du centre de maintenance TER de Marseille-Pautrier, le 17 juin 2020, la SNCF renoue des relations apaisées avec la Région Sud Paca, au moment où les dossiers sont déposés pour l’ouverture à la concurrence de trois lots de services TER.

Les relations étaient en effet tendues depuis quelque temps entre la société nationale et l’autorité organisatrice. En cause, une qualité de service décriée par l’exécutif régional.

« Nous étions en 2016 la pire des régions en matière de performance : 20% de trains en retard, 10% de trains supprimés, 18% de taux de fraude… », se souvient son président Renaud Muselier.

Une situation qui avait poussé Sud Paca à devenir l’une des premières régions de France à se lancer dans l’ouverture du marché des TER à la concurrence.

Aujourd’hui, les choses semblent avoir évolué. « 90% des trains arrivent à l’heure, 8% de trains sont annulés, dont 6% suite aux grèves, le taux de fraude a baissé d’un tiers et la fréquentation a augmenté de 14% », apprécie Renaud Muselier, au moment d’inaugurer le nouveau centre de maintenance TER, à deux pas de Marseille Saint-Charles.

Un équipement qui a nécessité 33 mois de travaux pour un coût de 26 M€, dont 90% supporté par le conseil régional et 10% par SNCF Voyageurs.

Il intègre la « rotonde Pautrier » transformée pour accueillir 16 rames TER simultanément. Ce remarquable témoin de l’histoire ferroviaire a été construit par la compagnie PLM en 1889 à la sortie du faisceau des voies terminales de Saint-Charles, à l’intersection des lignes de Paris et de Nice. C’est l’une des cinq rotondes complètes datant du XIXe siècle qui subsistent encore sur le réseau ferré national.

Cet ensemble est équipé de huit voies (de 110 à 220 m de longueur) qui se développent sur plus d’un kilomètre, de cinq quais de service et d’une fosse de visite de 110 m de longueur. L’accès au site et les circulations internes sont commandés par un poste d’aiguillage dédié.

Le site TER de Marseille-Pautrier est destiné au remisage des rames, à leur maintenance technique légère et à leur nettoyage. Il traitera les Regiolis, Regio 2N BGC, TER 2 N PG et NG du parc des matériels régionaux.

Il s’inscrit aussi dans la perspective de la prochaine ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur et aussi de celle de la future gare souterraine de Marseille-Saint-Charles. « Des dossiers dont nous attendons des réponses de la part de l’Etat », ajoute Renaud Muselier.

Au-delà de cet événement proprement marseillais, un Plan d’urgence TER a été lancé par la région à la fin de mars 2020. Pour un montant de 315 M€, il vise à l’acquisition de 10 rames nouvelles pour les services régionaux Marseille-Toulon, à la transformation de 9 rames diesel AGC en rames à batteries destinées à la ligne Marseille-Aix, à la rénovation de 23 rames TER, à l’acquisition de 8 rames nouvelles pour la ligne à voie métrique des CP (Chemins de fer de Provence, Nice-Digne), et à la modernisation des centres de maintenance des rames TER de Nice-Ville et de Nice Saint-Roch.

« Nous ferons tout pour remporter ces marchés »

L’heure est désormais à l’attente des réponses concernant les trois marchés TER mis en appels d’offres : Marseille-Nice, Les Arc-Nice-Vintimille et Nice-Tende.

Après avoir lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt, fin 2018, puis un appel à candidatures en février dernier, la région affirme avoir reçu une dizaine d’offres des géants français et européens du secteur.

Après la remise du cahier des charges, elle désignera les candidats finalistes retenus en début d’année prochaine, pour un choix définitif qui devrait intervenir au courant de l’été 2021 et un début des marchés à la fin 2023 ou début 2024.

« Nous ferons tout pour emporter chacun de ces trois marchés », a aussitôt déclaré le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, venu à l’inauguration. Justement, ce site de Marseille-Pautrier est intégré dans l’un des lots proposés à la concurrence.

« Si nous n’étions pas retenus, le calendrier nous laisserait le temps d’organiser la transition », considère Jean-Pierre Farandou. On apprenait par ailleurs de source syndicale, qu’un courrier allait être adressé à plusieurs centaines de cheminots concernés les informant de la possibilité d’un éventuel changement d’employeur.