• Jean-François Bélanger

Déconfinement : le Sytral fait ses comptes


Un mois après le début du déconfinement progressif, le deuxième réseau de transport en commun de France vient de présenter un premier bilan de l’épisode sanitaire qu’il a subi. Toujours en l’attente d’une normalisation de sa fréquentation, l’avenir financier du Sytral sera impacté durablement.

Les lyonnais reprennent goût aux transports en commun, mais lentement. Pour maintenir son rôle de service public, l’offre du Sytral avait été maintenue autour de 50% durant la période de confinement. Et depuis le 11 mai, elle s’est progressivement étoffée jusqu’à la normale un mois plus tard.

En dépit des aménagements sanitaires nécessaires, qui auront coûté 5 M€ sur l’année 2020, la fréquentation reprend lentement mais surement : elle était de 25% au premier jour du déconfinement, et elle se situe aujourd’hui autour des 60%.

Dans l’immédiat, le Sytral s’est attaché au remboursement des abonnements, 16 M€ à ce jour, et au bon respect des mesures barrière sur le réseau : 378 procès-verbaux dressés pour non respect du port du masque, à ce jour. Mais n’envisage un retour complet à la normale qu’à la fin de l’année 2021.

Rien que sur cette année, la baisse des ressources (billetterie et versements mobilités) est estimée à 165 M€. Mais la crise économique qui s’annonce sera plus importante encore. « Autour de 800 M€ sur 10 ans », selon la présidente du Sytral, Fouziya Bouzerda. Alors que les acomptes aux différents délégataires continuent d’être versés, elle a écrit au Premier ministre pour obtenir de l’Etat une compensation des versements mobilités.

Recours à l’emprunt

La prochaine mandature va donc hériter d’une situation financièrement plus difficile. Les projets et investissements du Sytral s’appuyaient sur des hausses de fréquentation importantes en 2018 et en 2019. Quelque 10 M€ avaient même été investis pour renforcer la capacité du réseau et accompagner cette évolution.

« Compte tenu des baisses des ressources, que ce soit des versements mobilités ou de la baisse de la fréquentation, la nouvelle équipe devra se tourner vers l’emprunt, autour d’un milliard d’euros », conclut Fouziya Bouzerda.