• Michel Chlastacz

État-stratège ferroviaire ou stratégie SNCF?


L’association Mobilités alpines appelle « le Parlement et le gouvernement à ne pas laisser le devenir du ferroviaire entre les mains des fossoyeurs qui sont à la tête de la SNCF ».

Une bronca liée au dessaisissement - au bout de cinq mois - d’une mission confiée par le gouvernement au député Joël Giraud sur le « devenir des trains Inter Cités de jour et de nuit ». Ce type d’étude est pourtant « expressément prévue dans la Loi d’Orientation des Mobilités », rappelle l’association.

Elle estime que la direction de la SNCF a convaincu le gouvernement « qu’il ne fallait pas laisser porter par un parlementaire aguerri un projet aussi sensible ». Un parlementaire qui « loue la qualité du réseau de trains de nuit mis en place dans toute l’Europe par l‘opérateur public autrichien ÖBB ».

Que craint donc tant la direction de la SNCF, demande Mobilités alpines ? Le rapport de Joël Giraud préconiserait de « remailler le territoire national de trains Inter Cités performants pour offrir une alternative à l’avion, à la voiture et aux cars (dont le groupe SNCF s’est fait une spécialité précise-t-on) ».

Des préconisations à rebours d’une politique SNCF que Mobilités alpines qualifie de « processus de délitement ». Et qui bientôt toucherait même « des liaisons par TGV de villes que l’État lui-même pousse à ne pas desservir en avion ».

Constatant que « la SNCF décide depuis des décennies de ce qui est bon pour la France en matière ferroviaire », Mobilités alpines demande « qui dirige ? ». Autrement dit, l’État stratège ferroviaire existe-il ?*

* Sur ce sujet, voir Mobilités Magazine n° 38/juin 2020.