• Jean-François Belanger

Jean-Claude Girot (AFGNV) : «Et le gaz ?»

Jean-Claude Girot, président de l’Association Française du Gaz Naturel pour Véhicules, réagit pour Mobilités Magazine auxdéclarations d’Emmanuel Macron concernant le plan de relance de la filière automobile.

Mobilités Magazine : que pensez-vous des déclarations du Président de la République du 26 mai 2020 ?

Jean-Claude Girot : je me réjouis que l’on apporte une aide à l’industrie automobile qui en a effectivement bien besoin en ce moment. Mais c’est le tout électrique qui a clairement été privilégié. Pas un mot sur l’hydrogène, et pas un seul sur le gaz naturel ! Nous sommes en pleine réflexion sur la maîtrise nationale de nos industries prioritaires. Or, en subventionnant les véhicules électriques, nous accentuons notre dépendance par rapport à la Chine qui produit plus de 90% des batteries. Nous sommes aussi en réflexion pour une consommation de proximité. Or, la matière première des batteries électriques est le cobalt, très majoritairement importée en Chine depuis l’Afrique. Et la transformation de celui-ci se fait dans des entreprises dont l’énergie provient essentiellement du charbon, pour des produits qui vont ensuite être acheminés vers les marchés européens, en France donc. Le bilan carbone est désastreux, sans compter le problème du recyclage des batteries qui reste entier.

MM : que représente la filière Gaz Naturel en France ?

J-CG : pour les véhicules particuliers, elle ne représente presque rien, avec pour le marché français uniquement quelques constructeurs comme Fiat ou Seat. Mais le gaz est une énergie qui a la faveur des mouvements écologiques. En particulier le bio-méthane, qui est élaboré à partir du recyclage des déchets. C’est un excellent exemple d’économie circulaire. Il permet de transformer une source de coût en ressource. De plus, le procédé permet de concevoir cette énergie au plus près des besoins de sa distribution. C’est donc aussi un exemple de circuit court avec donc une empreinte carbone mesurée.

MM : comment pensez-vous pouvoir la promouvoir ?

J-CG : nous avons obtenu des aménagements de charge concernant les véhicules industriels et nous imaginons pouvoir les étendre aux véhicules de particuliers. A la suite de l’intervention du président Macron, nous avons appris qu’il y aurait aussi un plan de relance pour les véhicules industriels, là où la pertinence du gaz est plus importante par rapport à l’énergie électrique. Mais je n’ai pas à cette heure de calendrier.