• Jean-François Bélanger

Lyon : Lime profite de la désaffection des transports en commun


Avec une reprise d’activité de ses trottinettes concomitamment avec la normalisation progressive de celle des transports en commun, le 11 mai, Lime a fait un point au bout d’une semaine d’utilisation lyonnaise. Selon l’opérateur, il y a eu un report de trafic des transports en commun vers les trottinettes électriques.

Après une mise en sommeil durant 8 semaines, les trottinettes électriques en libre service Lime ont fait leur retour dans les rues lyonnaises, 1 000 unités, puis 2 000 cette semaine pour arriver bientôt à 3 300. Et progressivement, les utilisateurs en reprennent le guidon.

« Nous avons observé sur les premiers jours d’utilisation une augmentation de 30 à 40% de la distance moyenne effectuée, avec des durées d’utilisation moyenne supérieure de plus de 10 minutes. Nous en déduisons donc que la trottinette a représenté une opportunité pour des trajets de bout en bout alors que traditionnellement ces déplacements étaient effectués tout ou pour partie en transports en commun », analyse Antoine Bluy, responsable des opérations de Lime à Lyon.

Pour coller à l’actualité, Lime a dû investir pour respecter les consignes sanitaires : masques, gel, produits désinfectants pour des opérations de nettoyage quotidiennes. « Le nettoyage après chaque utilisation ne nous est pas possible », reconnait cependant Antoine Bluy.

Ces opérations ne sont pas anodines sur le plan financier, mais il n’est pas question de les compenser par des hausses de prix : « cela représente 2 à 3% du chiffre d’affaires, et si cela ne dure pas trop longtemps, nous les assumerons », estime Antoine Bluy.

Partenariat avec le Sytral et Lyon Parc Auto

« Nous aussi nous sommes dans le même objectif de la limitation de la voiture individuelle en ville ». Lime a donc conclu des partenariats, par exemple à Lyon avec le Sytral et Lyon Parc Auto. Pour son développement, la société espère ainsi des réponses favorables dans les appels d’offres lancés à Lyon et Paris, contrairement à Marseille où elle n’a pas été retenu.

Dans ces deux villes, elle détient sur son marché environ la moitié des parts, La trottinette électrique, derrière née des outils de la mobilité urbaine, n’arrive cependant qu’au cinquième rang des déplacements, derrière les piétons, les transports en commun, les voitures particulières et les vélos.

Mais elle compte bien gagner des positions, « compte tenu de l’engouement qui semble plus fort aujourd’hui qu’en Allemagne », observe Antoine Bluy.