• Michel Chlastacz

Alstom entre satisfaction et appréhensions


Alstom peut se prévaloir d’un excellent bilan pour l’exercice 2019-2020. L’industriel a aussi su mettre en place une bonne organisation face à la pandémie, avec reprise progressive des activités dans des conditions sécurisées. En revanche, l’exercice 2020-2021 devrait être impacté par la crise.

Le 12 mai 2020, durant une conférence téléphonique, Henri Poupart-Lafarge, président d’Alstom Transport, a présenté les résultats 2019-2020 du groupe, fait le bilan de la période de confinement, et tracé les perspectives du prochain exercice.

Avec 8,3 Mds€, le chiffre d’affaires de 2019-2020 est en augmentation de 2,5% par rapport à celui de l’exercice précédent (avec un « impact Covid » évalué à 100 M€).

Le résultat net (446 M€) s’accroit de 3%, avec une marge d’exploitation de 7,7%. Le niveau des commandes (9,9 Mds€) est le plus important du secteur.

En dépit de ces résultats, le président du groupe, qui a baissé sa propre rémunération de 25% pour le premier trimestre, proposera à l’Assemblée Générale du 8 juin 2020 le non-versement de dividendes...

La période de confinement a en effet fortement ralenti l’activité ferroviaire. Essentiellement du côté des trafics voyageurs, avec des baisses de 85 à 93%, tandis que le recul du fret est moindre (30 à 40%).

Durant cette période, « Alstom a tenu à assurer la continuité de ses services auprès de ses clients, qu’il s’agisse de la maintenance, de l’approvisionnement en pièces détachées et du service après-vente », a rappelé Henri Poupart-Lafarge.

Tandis que dans l’entreprise elle-même les activités ont été adaptées avec généralisation du télétravail (64% des 38 000 salariés), la pause dans les activités de production, avant une rapide mise en place de mesures de sécurité sanitaires. Des mesures internes qui ont été assorties de l’achat d’un million de masques pour les PME du secteur qui travaillent avec le groupe, et la réalisation d’un guide référentiel des « bonnes pratiques ».

Compte-tenu de la situation actuelle, la reprise totale des activités des différents sites et celle de la chaine d’approvisionnement sera effective en juin.

Cependant l’exercice 2020-2021 va être affecté par la crise. Ce qui oblige à des mesurer d’économies, à la limitation des recrutements et au renouvellement de facilités de crédits à hauteur de 1,75 Md€.

S’ajoute un crédit-relais de deux ans d’un montant de 2,4 Mds€ destiné à financer l’opération de rachat de Bombardier, en attente de l’avis des partenaires sociaux à l’été 2020 et de l’autorisation des autorités de régulation.

Les projets (HS2 Grande-Bretagne et Avelia Liberty Amtrak) et les outils innovants (hydrogène, batteries) aideront à relancer solidement les activités, avec retour à la normale prévu en 2021-2022 et un rebond de 5% d’ici 2023.

L’optimisme demeure donc, puisque, si la crise sanitaire finira, la crise environnementale perdurera, « et le train est la bonne réponse », a conclu - en substance - le président d’Alstom...

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