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  • Paul Will

Les mesures de déconfinement, au compte-gouttes


Nous titrions hier, « en attendant que tout soit prêt ». Sur le papier, pourtant, rien ne laissait présager la situation inouïe à laquelle nous sommes confrontés.

Au-delà des déclarations, toujours convenues, nous pouvions espérer qu’un processus d’apprentissage du gouvernement s’était produit, et que, surtout, « les parties prenantes » avaient pu être entendues, et, dans la mesure où leurs propositions n’étaient pas contraires à des prescriptions de la Santé, elles puissent être suivies, en vain.

Avec un décret du 11 mai (n°2020-545) paru, le jour même, apparemment incomplet, et surtout antérieur à la loi votée hier soir, il fallait s’attendre à un « rebond ».

Ce décret était attendu, puisqu’il devait fixer des dispositions spécifiques pour le transport scolaire, activité dominante chez les autocaristes (voir son article 5), pouvait annuler les dispositions du décret du 23 mars que nous avons déjà commenté ici. Et bien il vient d’être lui-même abrogé, c’est du jamais vu, par un décret du 11 mai (n°2020-548), paru… le 12.

Rappelons que les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à un accord, notamment sur la base des propositions faites par la FNTV et OTRE. Que les propositions faites par ces organisations patronales n’engagent que les entreprises, et que par conséquent, un décret était nécessaire.

Un premier texte réglementaire a été pris le 23 mars, tout le monde s’en souvient, c’est lui en particulier qui interdit la montée par l’avant. Sujet qui, à cette heure, n’est pas totalement réglé.

En revanche, comme on a pu le voir en région AuRA, il n’imposait pas d’accompagnateur, ni de système de bâche pour isoler le conducteur du flux de passagers. Pour comprendre ce qui se noue, et pour essayer de s’y retrouver, rappelons tout d’abord que le gouvernement a opté pour une stratégie de déconfinement à hauts risques.

Puisqu’après avoir bloqué le pays, astreint les Français à domicile, il faut bien tourner progressivement la page, et déconfiner. Or de ce point de vue, les transports publics ont mauvaise presse.

Non seulement ils constituent un tiers des clusters du Covid-19 (de manière générale, un lieu où nombre et promiscuité sont facteurs de risques). D’où la nécessité de prendre les mesures adaptées, et la non moins nécessité de rassurer.

Car, et c’est encore tôt pour entrer dans le détail, mais il est fort à parier qu’un second round interviendra, entre opérateurs et autorités organisatrices, lorsque la question des rémunérations en fonction des recettes de trafic sera