• Pierre Cossard

Transports scolaires : l’Etat reste spectateur ?


En matière d’organisation des transports scolaires, et dans le cadre de la période de déconfinement à venir, l’Etat a finalement fait savoir le 6 mai 2020, que le futur décret, modifiant le décret du 23 mars 2020 prescrivant les mesures sanitaires pour les transports publics collectifs, ne comporterait aucune disposition sur l’ouverture ou la fermeture de la porte avant des autocars.

Problème, les organisations syndicales, en pleine discussion avec les organisations patronales quant au contenu exact du guide proposé par la FNTV, ont alors décidé de ne pas validé ce dernier, notamment à cause du paragraphe suivant :

« Dans les véhicules routiers comportant plusieurs portes, l'entreprise interdit aux voyageurs d'utiliser la porte avant et leur permet de monter et descendre par toute autre porte. Toutefois, l'utilisation de la porte avant est autorisée lorsque sont prises les dispositions permettant de séparer le conducteur des voyageurs d'une distance au moins égale à̀ un mètre ».

Les organisations syndicales ont même menacé de donner consigne aux salariés d’utiliser leur droit de retrait en cas d’ouverture de cette porte avant. La FNTV, désormais « coincée entre le marteau et l’enclume », a donc décidé de transformer ce guide de bonnes pratiques en recueil de recommandations patronales.

Il servira à accompagner les entreprises pour définir au mieux les conditions de la reprise des transports scolaires à compter, dans la plupart des régions, du 14 mai prochain.

La reculade de l’exécutif sur ce dossier, à seulement quelques jours de la reprise des services, prive donc le secteur d’un protocole simple accepté par tous, et crée de fait une nouvelle zone d’insécurité et de tension dans un contexte pourtant déjà fort complexe…