• Jean-François Belanger

Covid-19 : quel avenir pour la liaison ferroviaire Lyon-Wuhan ?


La crise sanitaire a mis sous le feu des projecteurs la ville chinoise de Wuhan, origine de la pandémie actuelle. Se souvient-on que, depuis 2016, une liaison ferroviaire était opérationnelle entre Wuhan et Lyon, et ce jusqu’à l’automne dernier ? Le Covid-19 a eu raison de cette ligne quatre ans après son inauguration.

En effet, depuis avril 2016, et jusqu’à l’année dernière, était exploitée une liaison ferroviaire entre Wuhan et Lyon. Si ce trajet existait auparavant entre la Chine et Duisbourg, dans la Ruhr, la nouveauté résidait à l’époque dans sa prolongation jusqu’à Lyon.

Cette liaison ferroviaire a été opérationnelle à plusieurs reprises jusqu’à l’année dernière, avec des wagons chargés de containers de matériel technique, de pièces automobiles, électroniques et de produits chimiques, à l’import, de vins et de produits agricoles français, à l’export.

La première arrivée de ce train hors norme en France, opéré par la société chinoise Wae, avait été saluée en grande pompes, le 21 avril 2016, par Wang Ju, Consule générale de Chine à Lyon, et Alain Galliano, vice-président de la Métropole de Lyon, en charge des relations internationales.

Hors norme, car nécessitant 16 jours pour parcourir les 11 300 kilomètres, afin de traverser la Chine, le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne et enfin la France. Une liaison qui s’appuie aussi sur une véritable réalité économique.

Entre les deux territoires les liens se sont en effet considérablement renforcés ces dernières années, 80 entreprises chinoises se sont implantées en région lyonnaise tandis que 100 entreprises lyonnaises ont fait le chemin inverse pour s’installer en Chine.

Un trajet jugé compétitif

Pour faire un Lyon-Wuhan en bateau, il faut deux à trois fois plus de temps, de 35 à 50 jours, et en avion, cela peut être long aussi, puisqu’il peut s’écouler une semaine entre l’arrivée dans les terminaux aéroportuaires et la destination finale.

Cette liaison ferroviaire s’ajoute à la liaison aérienne directe Wuhan-Paris, opérée par Air France depuis avril 2012. Depuis sa mise en service, les entreprises françaises sont venues s’installer en nombre dans le Hubei au rythme de 8 à 10% supplémentaires par an. Si la voie maritime est moins chère, le ferroviaire représente donc un intermédiaire entre le maritime et l’avion, sachant que la durée du transport ferroviaire pourrait encore être améliorée en simplifiant les formalités en frontières.

Un prolongement touristique

Cette liaison inédite s’inscrit dans l’ambitieux plan chinois des nouvelles « Routes de la Soie », qui vise à consolider la place de la Chine dans le commerce mondial, avec aussi un symbole historique fort puisque Lyon a longtemps été elle-même la capitale de la soie.

L’idée a été reprise par Alain Galliano, qui avait demandé en son temps à SNCF Réseau d’étudier la possibilité d’adjoindre à ce convoi deux wagons pour des passagers et proposer ainsi, en complément du transport de fret, un périple touristique.

« L’idée était de tirer le bilan de ces trois premières années de fonctionnement et d’étudier cette possibilité. Mais la crise du Covid-19 nous a empêché d’aller plus loin à ce jour », nous confirme aujourd’hui Alain Galliano.