• Hubert Heulot

Rennes déconfine plein pot ses transports


Le métro à 119% de ce qu’il roulait avant la mi-mars et le bus à 80% ! « Cela nous situe, au 2e ou 3e réseau avec une offre de transport la plus importante, parmi les grandes ville françaises, lundi, à l’heure du déconfinement », a expliqué le 5 mai 2020 Emmanuel Couet, le président de l’agglomération de Rennes.

Ajoutant, malgré les inconnues sur la capacité réelle du réseau à faire respecter les règles sanitaires, la nécessaire distanciation physique en particulier, et sur le lissage des pics de fréquentation, sa « confiance » dans les acteurs.

Emmanuel Couet réaffirme d’une part sa confiance dans les usagers, « conscients que la crise sanitaire n’est pas passée », et dans les employeurs, publics et privés, vivement sollicités pour décaler les heures des journées de travail.

Dès lundi, le métro va donc effectuer quelques trajets de plus qu’avant le confinement en heures de pointe comme en journée. Les bus, démarrant à 5h30, rouleront jusqu’à 21h30, pas encore au-delà de minuit, ce qui explique en partie qu’ils ne retrouvent que 80% de leur service.

Les lignes les plus fortes du réseau vont aussi circuler à des fréquences élevées pour faciliter le maintien dans chaque véhicule des bonnes distances entre passagers : toutes les 8 à 10 minutes en heures de pointe, 10 à 15 minutes en heures creuses.

Les lignes dites « métropolitaines », parce qu’elles relient les 43 communes de l’agglomération entre elles, retrouvent leurs fréquences normales. Seules les lignes les moins fréquentées sont supprimées.

« Difficile quand un bus passe toutes les heures d’éviter les concentrations de population et donc que les passagers soient trop serrés », indique Jean-Jacques Bernard, le vice-président aux transports de Rennes Métropole.

Les passagers vont se voir rappeler les règles de sécurité en permanence. D’abord par une soixantaine d’agent du réseau de transport qui verbaliseront éventuellement ceux qui ne porteront pas de masques.

Ensuite grâce à une intense communication par signalétique en station, dans les véhicules (une place sur deux condamnée), à l’occasion des entrées et des sorties des véhicules sur les emplacements à occuper ou pas, sur les distances à installer entre passagers, enfin par des messages sonores également.

« Nous partons de l’hypothèse que le travail d’information et de conviction des équipes déployées par notre opérateur Keolis, suffiront pour que nous n’ayons pas à réguler l’accès au réseau de transport, estime Emmanuel Couet. Le recours aux forces de Police que nous avons vu souhaités dans d’autres réseaux nous semble plus relever de la situation particulière de la Région parisienne que de la nôtre ».

La ville table sur un niveau de fréquentation, lundi, guère supérieur à 30% de la normale. « Comme ailleurs, un très gros enjeu réside dans l’utilisation, lundi, des modes de déplacements alternatifs à la voiture et aux transports en commun », insiste Emmanuel Couet.

Rennes réalise en ce moment, et va le faire encore d’ici le 11 mai, des renforts d’aménagements en faveur des vélos, dans une demi-douzaine d’endroits particulièrement sensible pour qu’ils circulent en sécurité, en particulier sur le quai Nord de la rivière (la Vilaine).

Le genre de signalétique qui va être apposée un peu partout

dans le réseau STAR de Rennes à partir de jeudi.

Pour rassurer les passagers, un « haut niveau de nettoyage » du métro et des bus a commencé. Il perdurera, même si le nombre de bus en circulation passera de 70 à 160. Dans le métro, il se traduira par plusieurs sessions de désinfection des stations et des rames chaque jour.

Par ailleurs la validité des abonnements a été prolongé. Mais à aucun moment, en dépit de la pression que l’éventuel « retour » à une utilisation massive de la voiture exerce sur le réseau de transports, Rennes n’a envisagé de le rendre gratuit.

« A partir du moment où le public dispose à nouveau d’une offre de transport qui revient à la normale et qui lui est proposé avec une sécurité maximale, nous retrouvons un fonctionnement normal jusque dans les tarifications », indique Jean-Jacques Bernard.