• Michel Chlastacz

Les Chinois mettent le paquet sur l’axe Budapest-Belgrade


La Chine paiera la quasi-totalité du coût de la modernisation-reconstruction de la partie hongroise de l’axe international Budapest-Belgrade, la branche B du Corridor paneuropéen X (Salzbourg-Salonique*).

Ce financement était a priori formellement acté depuis un premier accord signé en mai 2018, mais il a été concrétisé le 24 avril 2020 par un accord entre l’État hongrois et la banque chinoise Eximbank.

Cette dernière apporte 85% du coût de la modernisation de la partie hongroise de la ligne Budapest-Belgrade, estimé à 1,7 Md€.

L’opération sera réalisée par un consortium qui associe le groupe hongrois RM (en partie détenu par Lorinc Meszaros, le « Bouygues hongrois », proche de Victor Orban, NDLR.) et deux groupes chinois dont China Railway Electrification, lié au géant CRRC.

Si cette section de 152 km jusqu’à la gare frontière de Kelebia est déjà électrifiée de bout en bout, elle doit être mise à double voie, tandis que la voie existante doit en même temps être renouvelée.

L’opération implique la pose de 374 km de voies nouvelles parcourables à 160 km/h, la suppression de 18 passages à niveau et la sécurisation de 89 autres, le remplacement de 444 km de caténaires et la pose de l’ERTMS niveau 2.

Ce qui permettrait d’augmenter la vitesse maximale jusqu’à 200 km/h pour les automotrices sur certaines sections.

Sur la partie serbe de la ligne (220 km km), les travaux de modernisation sont en cours sur la partie centrale entre Stara Pazova, au nord de Belgrade, et Novi Sad.

Ils devraient d’achever en 2023, tandis que ceux de la partie nord de la ligne seront terminés fin 2020, avec un financement chinois et une réalisation par des entreprises serbes et chinoises...

En 2025, à l’issue des travaux, les temps de parcours entre Budapest et Belgrade passeront de près de huit heures aujourd’hui à 3 heures-3 heures 30.

* Le port de Salonique a été vendu en 2017 à un consortium germano-chinois. Celui du Pirée, relié à Salonique par la ligne la plus importante du réseau ferré grec, a été acquis en 2016-2018 par le groupe chinois Cosco. Deux ports majeurs qui ponctuent la nouvelle « Route de la soie » par les Balkans.